Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

En savoir plus, paramétrer les cookies. En savoir plus

J'ai compris

 

En poursuivant votre navigation,

vous acceptez l’utilisation de cookies

pour vous proposer des services

et des offres adaptés à vos centres d’intérêt

et mesurer la fréquentation de nos services.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

 

retour accueil uniquement pour le smartphone

 

Les espèces exotiques envahissantes(EEE)

Promenade Aff du 6 novembre 2016

 

Départ : Définition des EEE

1) Demander ce que ça évoque aux participants, leur demander une définition, des noms.

2) Définition officielle du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE) :

« Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce exotique (non indigène) dont l’introduction par l’homme (volontaire ou fortuite), l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques et/ou économiques et/ou sanitaires négatives ».

Le panel des milieux concernés par l’implantation de plantes exotiques envahissantes est très large, il peut s’agir aussi bien de milieux naturels que de milieux forestiers, aquatiques, agricoles plus ou moins anthropisés, voire de milieux urbains.

Historique

En 1859, Charles Darwin est l’un des premiers à évoquer le terme « d’invasion biologique », dans son livre De l’origine des espèces. Ce n’est que cent ans plus tard qu’un ouvrage entier lui est consacré : The Ecology of Invasions by Animals and Plants de l’écologue anglais Charles Elton. Les invasions biologiques sont des phénomènes naturels sur Terre mais les activités de l’Homme en ont accéléré la fréquence. Dans les années 1980, la communauté internationale prend conscience des problèmes liés à l’introduction d’espèces exotiques en milieux terrestre et aquatique : une première liste recensant les espèces invasives avérées et potentielles est établie.

En 1998, l’Agence environnementale européenne reconnait l’introduction d’espèces exotiques comme « l’une des principales menaces pour la biodiversité ». 

Arrêt 1 : Comment une espèce devient-elle envahis-sante ?

Le processus d’installation d’une espèce invasive se décompose en trois étapes.

Étape 1 : L’introduction de l’espèce, volontaire ou non, constitue la première phase de l’installation. Il y a introduction lorsqu’une espèce se retrouve dans un milieu dans lequel elle n’était pas présente initialement. Cette étape résulte du transport par les activités humaines ou de l’utilisation des voies de transfert existant naturellement. Le filtre biogéographique limitant le déplacement des espèces est ainsi éliminé et les barrières naturelles dépassées.

Étape 2 : L’établissement de l’espèce suit l’intro-duction. Une espèce est établie dans un milieu lorsqu’elle est capable de perdurer dans ce milieu. Pour ce faire, il doit y avoir correspondance entre les exi-gences écologiques de l’espèce et les caractéristiques du milieu dans lequel elle se trouve. Cette phase se décompose en deux étapes : l’acclimatation (l’espèce peut vivre dans l’écosystème récepteur) et la natu-ralisation (elle peut s’y reproduire).

Étape 3 : Enfin, une espèce devient invasive lorsqu’elle prolifère à un taux anormalement élevé, en étendant sa zone d’occupation.

En 1996, Williamson met en évidence la règle des « 3x10 » : sur 1.000 espèces introduites, 100 s’ac-climateront, 10 se naturaliseront et 1 seule deviendra envahissante.

Facteurs favorisant l'établissement des espèces après introduction :

Les espèces nouvellement introduites s’établiront plus facilement si les conditions du milieu leur sont fa-vorables. Pour qu’une espèce s’acclimate, il faut qu’elle résiste aux conditions climatiques et environnementales du milieu :

- peu de prédation, ce qui est souvent le cas, au moins au début,

- pression de compétition avec les espèces natives peu élevée,

- nourriture abondante,

- température et qualité du milieu adaptées

Une fois acclimatée, l’espèce a plus de chance de se naturaliser si les conditions climatiques sont stables et si des niches écologiques sont disponibles. Les EEE causant le plus de dommages écologiques et économiques sont les espèces très rustiques qui s’adaptent facilement à la plupart des conditions. Ces espèces ont des exigences de reproduction peu contraignantes. Ce sont le plus souvent des espèces à stratégie « r » (stratégie reproductive) qui ont un taux de reproduction élevé et un fort taux de croissance, comme l’écrevisse de Louisiane (P. clarkii).

Arrêt 2 : Pourquoi posent-elles problème ?

1) Conséquences écologiques

  • Modification de la diversité spécifique

L’introduction d’une espèce dans le milieu aquatique peut modifier les communautés en place dans ce milieu, en augmentant ou en diminuant la diversité spécifique.

De façon plus générale, les invasions biologiques sont en partie responsables de l’homogénéisation des 

 

communautés. L’homogénéisation biotique se définit par l’augmentation de la similarité des communautés causée par le remplacement d’espèces natives par des espèces allochtones. Elle résulte de la combinaison de trois processus : l’introduction d’espèces exotiques, la disparition d’espèces natives et l’altération des habitats.

  • Changements de la structure physique et chimique des habitats

Exemple : le tapis de Jussie sur les cours d'eau qui empêche la pénétration de la lumière dans l'eau ce qui diminue la réaction de photosynthèse. La balance respiration/photosynthèse est ainsi perturbée : la consommation d’oxygène due à la respiration des organismes n’est plus compensée par la création d’oxygène photosynthétique. Cela conduit à une diminution de la concentration en oxygène dans l’eau, pouvant entraîner une situation d’anoxie parfois mortelle pour les poissons. En revanche, les tapis végétaux ainsi créés représentent un nouvel habitat à coloniser.

2) Conséquences sanitaires

Les espèces non-natives peuvent apporter avec elles des maladies et des parasites auxquelles les espèces natives ne sont pas capables de faire face. Par exemple, certaines écrevisses comme l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) sont porteuses saines de la peste de l’écrevisse. Cette maladie causée par un champignon, Aphanomyces astaci, décime les populations d’écrevisses locales.

Problèmes sanitaires humains : ex ambroisie et son fort pouvoir allergisant – rhume des foins, berce du Caucase qui produit de la furocumarine – irritations cutanées, réactions allergiques surtout lorsque la peau est exposée au soleil.

3) Conséquences économiques

Par exemple, la jussie bouche les canaux, gêne la navigation et colonise les milieux aquatiques de manière dense, entraînant des coûts d’entretien élevés. Ainsi, dans le bassin de la Loire, l’arrachage d’une population bien implantée (20 kg de jussie/m²) coûte environ 17€/m², soit 170.000€/ha.

Arrêt 3 : L'ailante (Ailanthus altissima)

Présentation avec la fiche Fédération conservatoires botaniques + Robinia pseudoacacia, Prunus serotina (introduction par Robin), Phytolacca americana.

Robinier faux-acacia : introduit à Paris en 1601 par Robin, jardinier du roi (premier exemplaire encore vivant à Paris), espèce mellifère, fourragère, ornementale, productrice d'un bois de bonne qualité technologique et d'une durabilité exceptionnelle. Espèce pionnière, le robinier rejette de souche et drageonne abondamment après une coupe.

Cerisier tardif : introduit par Robin comme espèce ornementale, utilisé pour la production de meubles « en merisier » et utilisé par les chasseurs comme couvert à gibier. Après une coupe, il rejette et drageonne de manière importante. Son succès invasif en Europe est 

lié à l'absence de certaines espèces pathogènes du sol dans l'aire d'introduction, qui limitent son développement dans son aire d'origine.

Arrêt 4 : Conclusion

Démarche nationale pour les EEE végétales Fédération des conservatoires botaniques nationaux :

- établir le catalogue des espèces exotiques

- évaluer les risques d'invasion → établir la liste

des EEE

La Fédération des conservatoires botaniques conduit l'opération, financement du MEDDE

- la liste de référence est soumise aux partenaires socio-économiques pour prendre en considération les impacts plus ou moins pour les secteurs, entre autre, de la santé et de l'économie

- proposition d'actions définies avec l'ensemble des acteurs pour apporter des réponses en matière de gestion et de surveillance des EEE

- textes réglementaires ayant vocation à venir encadrer les actions de gestion

Conclusion : vente libre dans les jardineries, communication, réglementation pour l'interdiction de commercialisation d'EEE

Documentation intéressante : http://www.fcbn.fr/action/eee

Texte de Julie Quélet

Ingénieur agronome