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BA 2017 10 15 


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Texte intégral du commentaire

 

Trente cinq personnes participent à cette sortie organisée en partenariat avec la municipalité  de Bourron-Marlotte dans le cadre de l’exposition Auguste Allongé.

 Au cours de cette promenade, les intervenants évoquent l’histoire de ce site  emblématique, son peuplement forestier, les incendies qui l’ont ravagé, le tourisme et les représentations par les artistes, écrivains de Marlotte.

Jean-Claude Polton (JCP) et Dominique Hortez (DH) nous accueillent par la mise en scène du début du Chapitre X du livre « Scènes de campagne - Adeline Protat » écrit par Henri Murger en 1856.
 Jean-Claude tient le rôle du peintre Lazare qui part peindre sur le motif à la Mare aux Fées et qui est accompagné de Zéphyr, le valet de l'auberge magnifiquement représenté par Dominique, chargé des affaires du peintre.

 Ce roman contribuera largement à la renommée de Bourron-Marlotte qui bientôt, attirera le "Tout Paris" venant visiter les peintres qui s'y produisent.

 Nous quittons le parking de la maison forestière de la Grande Vallée pour nous engager sur le dernier sentier historique tracé par Denecourt : le sentier 11 qui parcourt le Restant du Long Rocher et le Rocher des Étroitures. C’est l’occasion pour JCP de rappeler l’historique de la création des sentiers Denecourt / Colinet et leur actuel entretien par les baliseurs bénévoles de la Commission Terrain des AFF.

 Quelques haltes permettent aux marcheurs de se regrouper autour des guides du jour qui alternent leurs interventions. JCP fait état des peuplements recensés au cours du XIXe. Le canton de la Mare aux fées est alors planté essentiellement de chênes et de hêtres ainsi que d’une grande variété d’autres espèces. Mais au total, à peine 425 arbres sont recensés sur 5 ha ce qui est très peu en comparaison d’autres parcelles.

 En juillet 1911 un terrible incendie, venant du Rocher Bouligny et poussé par le vent, ravage le plateau de la Mare aux Fées et la partie Est de la Gorges aux Loups, (parcelle 526). Ainsi quelques arbres remarquables, comme le chêne de Marie-Antoinette sont détruits. À cette époque, on ne sait pas encore lutter contre les incendies, le corps des sapeurs-pompiers n’existe pas et c’est l’armée qui doit faire face.

 Après les trois derniers grands incendies de 1893, 1897 et 1904, l’administration forestière, en voie de modernisation, implante les premières tours d’observation.
C’est d’ailleurs à cette époque que les AFF créé les « secouristes forestiers » dont la principale fonction sera de surveiller la forêt et de prévenir les départs de feu.

 Arrivé à La Mare aux Fées, Dominique, passionné d’histoire de l’art, aborde le sujet de la représentation artistique du site qui a été un des plus représentés par les artistes. Non seulement les peintres mais également les musiciens et les écrivains.
Une cinquantaine d’oeuvres diverses en sont issues et contribuent à faire de cet endroit un lieu à la mode très fréquenté à l’époque.
 Cette Mare a d’abord porté le nom de « grande mare » puis de « mare du rocher aux fées » pour enfin devenir « la mare aux fées » sans qu’aucune légende ou anecdote puisse expliquer l’origine de cette appellation.

 Autour de la mare quelques aménagements en bois (bancs) permettent toujours au promeneur de se reposer à l’ombre du feuillage du chêne Murger, magnifique chêne sessile tri centenaire.

 En nous approchant de la mare, nous observons le vol si particulier de libellules dont on recense plus de 32 espèces. Il faudra revenir au printemps pour voir la mare envahie par les iris.

 Patrick Daguenet historien et auteur local intervient également au cours de la matinée, apportant des précisions sur des points précis.

 Après s’être approché de la limite de la RBI (Réserve Biologique Intégrale) qui longe le chemin, Jean-Claude rappelle l’histoire de leur création en1953. Ces réserves font suite aux réserves artistiques crées en 1853 et qui furent à la base de la protection de la nature en France et dans le monde.

 La matinée s’achève. Nous retournons vers les voitures en passant par le belvédère de Corot et de Jean Baptiste Charles (peintre animalier et de scènes de chasse). Il faut de l’imagination pour se représenter ces points de vue qui permettait au regard de porter loin à l’horizon alors que le développement des arbres les obstrue actuellement.

 Longeant la route du chêne Pinguet, nous avons la chance d’avoir dans notre groupe un descendant du peintre qui nous raconte l’anecdote concernant son arrière-arrière-grand-père qui passait son temps à peindre toujours le même chêne ! Mais où est-il ?