Les Petits Robinsons

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Paul et Jean, d'un. même mouvement désespéré, s'étaient jetés à genoux auprès de, M. Patoche. Jean l'embrassait comme il eût embrassé son père, si le pauvre: garçon n'avait, pas été orphelin.
"Monsieur Patoche, criait Pierre, ne mourez pas .... Non, ne mourez pas, cela ferait trop de peine à Marie. "
 Marie! Ce mot eut comme la puissance d'une évocation pour monsieur Patoche. Le: mort respira ; il ouvrit les yeux et murmura, ce nom de Marie dont l'appel avait eu en quelque sorte la puissance de le ressusciter.
"Marie se porte, bien, lui dit Pierre, elle est .à la caverne des Brigands ; elle n'a pas osé la quitter parce- .que vous le lui aviez défendu, et nous a envoyés à sa . place pour vous dire qu'elle était toujours là, mais bien inquiète de ne pas, vous voir arriver."
Pendant ce discours de Pierre, M. Patoche avait peu à peu repris ses esprits ; il pria Jean d'aller chercher sa fille et de lui dire qu'il n'était pas tombé d'un rocher, qu'il s'était pris le pied dans une. racine en courant parce qu'il se sentait en retard et n'avait certainement qu'une entorse.
Jean allait partir quand le roulement d'une, charrette se fit entendre.
"Attendez, dit M. Patoche, il ne faut pas perdre une si bonne occasion ; courez. tous les deux sur la grand-route et demandez au maître de la voiture s'il peut me conduire dans sa charrette jusqu'à Bois-le-Roi. Cela fait, vous irez chercher Marie et, la ramènerez sur la route, où la voiture l'attendra."
Ce fut presque aussitôt fait que dit. La route tant cherchée n'était pas à vingt pas, et le voiturier, qui était un ancien écolier de M. Patoche, n'eût pas plus tôt appris que son ancien maître avait besoin de lui, qu'il fouetta son cheval dans la direction que les enfants lui montraient.

Fontainebleau

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