Les Petits Robinsons

xvii

La pluie avait cessé, mais l'orage continuait ; les roulements du tonnerre se répercutaient de tous les côtés de l'horizon. Dans leur effroi, Pierre et Jean avaient perdu de vue les recommandations de la vieille bûcheronne, et ils se trouvèrent bientôt en présence d'un paysage vraiment magique, c'est-à-dire sur les bords de la mare aux Fées. Si maître Pierre avait connu le nom de ce qu'il considérait comme un grand lac, son imagination n'aurait pas manqué de lui faire voir des fées voltigeant sur la surface des eaux. Son ignorance lui épargna de tomber dans cette illusion. Il trouva la mare aux Fées superbe, mais les adjurations de Jean, le suppliant de ne penser qu'à retrouver la grande route, mirent obstacle aux fantaisies de son cerveau.
Toutefois une chose était claire, c'est qu'ils avaient une fois encore perdu leur chemin et que les pauvres petits étaient condamnés à errer de nouveau à l'aventure dans l'immense forêt. Pierre pas plus que Jean après leur fuite nouvelle ne parvinrent à retrouver les indications de la bûcheronne.
Il est vite fait de s'égarer dans ces vastes solitudes.

Fontainebleau

la mare aux fées