Les Petits Robinsons

II

Pierre regrettait beaucoup que la forêt de Fontainebleau ne fût pas une île: Mais quand ils seraient une fois au milieu, qui est-ce qui pourrait savoir si elle n'était pas entourée d'eau? Quand une forêt est si grande que ça, on peut y vivre comme dans une île.
 En attendant, c'était déjà bien plus amusant d'être en plein bois et de voir de très beaux paysages, que d'être à l'école. Robinson n'avait pas pensé à faire des paysages, Pierre y pensait, lui : Entendre les pinsons chanter valait d'ailleurs bien mieux que d'entendre la voix si souvent grondeuse de M. Patoche. Les grandes fougères étaient bien plus jolies à voir que les bancs de l'école, et les oiseaux et les papillons sont des, camarades qui en valent bien d'autres
M. Pierre était très-content et M. Jean commençait à. se rasséréner la bonne odeur des bois leur montait à la tête. Tout était pour eux un objet de curiosité. Pierre s'arrêtait à chaque instant pour faire remarquer à Jean les beaux sites. L'air était pur et frais, Pierre avait même jugé sage de remettre sa veste, qu'il avait jetée sur son dos au départ : pour être Robinson, il n'est pas, nécessaire de s'enrhumer.

Fontainebleau

Les grandes fougères