ASSOCIATION DES AMIS DE LA FORET DE FONTAINEBLEAU
ASSEMBLEE GENERALE DU 27 mai 2006
Allocation de bienvenue du Président, Jean Saint Loubert-Bié
Mesdames, Messieurs, Chers Amis de la Forêt, bonjour et bienvenue à tous.
Je voudrais remercier ceux qui ont bien voulu se déplacer jusqu’à Moret-Sur-Loing. C’est un petit changement par rapport à ce que nous faisons le plus souvent ; le plus souvent nous allons dans la Salle des Colonnes du Château de Fontainebleau, mais à juste titre certaines communes m’ont fait remarquer qu’il n’y avait pas que Fontainebleau qui avait sur sa commune un morceau de la forêt ; d’autres communes en effet participent à la vie de la forêt. Donc, c’est avec grand plaisir que nous nous retrouvons ici et je voudrais remercier la Municipalité représentée ici par Madame Huette qui a bien voulu mettre cette salle à notre disposition, remercier également les services Manifestation de la commune qui a organisé tout ce qui relève de la sonorisation bien qu’ils aient eu des difficultés puisqu’ils se sont fait volés leur sono il y a dix jours à La Solle.
Notre réunion de ce matin se déroulera en deux temps. Nous allons d'abord, comme à l’accoutumer, tenir notre Assemblée générale en abordant différents sujets d’actualité. Puis en seconde partie, nous écouterons notre invité d'honneur Monsieur Le Préfet de Région Bertrand LANDRIEU qui nous rejoindra d’ici une demi heure pour nous faire un exposé sur le SDRIF et son impact sur la forêt
Je déclare donc ouverte notre Assemblée Générale.
et voudrais tout de suite saluer les personnalités qui ont bien voulu accepter d’être parmi nous aujourd’hui :
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M. CHOPIN, Sous Préfet de Fontainebleau
M. Frédéric VALLETOUX, Maire de Fontainebleau
M. Bernard GAMBLIN, Directeur de l'ONF pour les régions Ile de France, Nord-Ouest. Nous sommes toujours très heureux de vous accueillir à notre AG et très sensible à votre fidélité à nos réunions
M. DERORY Directeur départemental de l'ONF
M. GHUIGONIS, Membre du Conseil Economique et Social, et membre actif des AFF
M. LASHERMES Ingénieur à la DDE de S&M
M SCHWAB Président de l’Office de Tourisme de Fontainebleau
Merci aux Maires ici présents, aux conseillers municipaux et à tous les représentants des communes
limitrophes du massif qui sont là aujourd'hui et qui accordent fidèlement leur soutien à notre Association.
Mais j'ai à présenter les excuses de ceux qui n'ont pu être des nôtres aujourd'hui et en particulier
M BARTHELEMY, Préfet de S& M
M. D. JULIA député de S&M
M. HYEST Sénateur et Conseiller général
M. MIGNON député Maire de Dammarie les Lys
Mme RAMBAUD, Conservatrice en chef du patrimoine
Notre secrétaire général M. Fabrice CHEVALLIER va vous présenter le rapport d'activité de notre association pour l’exercice 2005
Rapport d’activité 2005 du Secrétaire Général, Fabrice Chevallier
I – ACTIVITES INITIEES PAR LE CONSEIL D’ADMINISTRATION :
Le Conseil d’administration a suivi en particulier le dossier des Réserves Biologiques Intégrales :
Suite au projet d’accroître la superficie des RBI, plusieurs réunions se sont tenues entre AFF / ONF. L’Office a pris en compte la position des AFF et leurs propositions. Un compromis a été trouvé en juillet 2005 : ainsi, une réduction de la superficie totale des RBI a été obtenue afin de ramener ce total à un peu plus de 1 000 ha :
Sur la pénétration par le public des RBI, les AFF ont admis ce principe dans un seul but pédagogique et touristique, puisque les RBI présentent effectivement un intérêt paysager, et aussi afin d’éviter un enclavement de certaines parties du Massif. Là encore, les AFF ont formulé un certain nombre de propositions.
Le CA a également suivi les dossiers :
-Accueil du public dans le cadre du projet européen INTERREG, notamment l’enquête menée par le bureau d’études ECOTONE sur l’impact de l’accueil du public sur les principaux sites du Massif de Fontainebleau dans les 10 ans à venir. Cette étude a porté sur 7 sites : Boucle de Samois, Hauteurs de la Solle, Apremont, Franchard, La Mare aux fées, Chanfroy, les Trois Pignons sud. Cette étude prend en considération plusieurs dimensions : la canalisation des flux touristiques, le balisage des sentiers de promenade et la signalétique touristique des sites, les problèmes d’érosion.
-Le dossier « circulation apaisée » en forêt, notamment les aménagements engagés sur la RD138 et au Carrefour des Séailles.
-Les coupes et ventes de bois. Les AFF ont souhaité évoquer à plusieurs reprises avec l’ONF le fait que les chantiers d’exploitation semblent s’effectuer sur des périodes de plus en plus longues, avec pour conséquence notamment la présence prolongée en bord de routes des bois (façonnés).
Le CA a tenu son Assemblée Générale le 4 juin 2005 dans la Salle des Colonnes au Château de Fontainebleau, durant laquelle a été notamment abordé le dossier de la « circulation apaisée » en forêt. A ce titre, Monsieur Lashermes, représentant la Direction de l’Equipement, a fait un point sur les travaux d’aménagements routiers déjà engagés (entre la Croix d’Augas et l’Hippodrome de la Solle, entre la Table du Roi et l’entrée sud de Melun ; au Carrefour de Grand Veneur) et en prévision (Carrefour des Séailles ; la traversée piétonne au Carrefour de Paris ; sur la N7 entre Barbizon et le Carrefour du Grand Veneur ; au Carrefour de Saint-Hérem). Le Président des AFF a rappelé une fois encore le problème toujours irrésolu du trafic de transit des poids lourds qui pourrait être traité en partie par le projet de déviation nord de l’agglomération de Melun (le projet dit « C5 »), projet qui s’inscrit au prochain Schéma Direction de la Région Ile-de-France. L’Invité d’honneur de cette assemblée générale, Bernard Dey, Ingénieur Général du GREF a fait une intervention sur « la protection active de la forêt ».
Le CA a organisé, pour la 4ème foi consécutive sa réunion annuelle d’accueil des nouveaux adhérents, le 22/01/2005 au siège de l’Association, afin que leur soient présenté les différentes activités développées par l’association.
Dans le cadre du Centenaire de l’association des AFF, qui aura lieu en 2007, une Commission Centenaire a été mise en place et s’est réunie pour la 1ère fois le 15 janvier 2005. Cette commission a travaillé à l’élaboration d’un projet formalisant les différentes possibilités de manifestations et a pris les premiers contacts partenariaux (Musée d’Orsay, Château de Fontainebleau, ONF, etc.) ;
Des administrateurs ont représenté les AFF dans différentes instances et réunions : à la Fédération Nationale des Sociétés des Amis des Forêts, à la Commission départementale des Sites et des Paysages, à la Commission des Réserves Biologiques, à la Commission Régionale de la Forêt et des Produits Forestiers d’Ile-de-France, à la Commission Consultative Scientifique et des Usagers de la Foret de Fontainebleau, au Comité de Pilotage du Réseau Natura 2000, au Comité Ile-de-France du PEFC, organisme d’attribution du label d’application et du développement durable en forêt, au Conseil d’Administration de l’UICN, à l’Association des Maison du Bornage, à la Commission des Sites et des Rochers, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre, au Conseil d’Administration de l’Office du Tourisme de Fontainebleau
Les AFF sont par ailleurs devenus membres du Bureau de l’Association de la Réserve de Biosphère du Pays de Fontainebleau et du Gâtinais Français qui s’est créée au début de l’année 2005.
Enfin, une délégation japonaise des Amis de la Forêt de Tamba-no-Mori a été accueillie le 11 juillet 2005 dans le cadre du Traité d’Amitié qui uni les deux associations et qui avait été signé à Fontainebleau le 7 juillet 2000.
II – ACTIVITES DE PROTECTION & D’ENTRETIEN DU MASSIF FORESTIER :
Ces activités, cœur même de l’engagement des AFF, sont assurées au sein des trois organes
suivants : la Commission Terrain, la Commission Erosion, la Commission Arbres remarquables.
La Commission Terrain s’est réunie à (4) reprises. Les baliseurs ont entretenu les 300 km de sentiers de promenade dont les « Sentiers Bleus Denecourt – Colinet » ainsi que le circuit des « 25 Bosses » du Massif des Trois Pignons.
La commission a contribué aux travaux d’aménagement de la traversée piétonne par le Sentier N°7 sur la Route Ronde, entre les Carrefours des Cépées et du Touring Club, de modification du tracé du sentier N°7, du GR 11 et du parcours audio dans le secteur de la Roche Qui Pleure.
Dans le cadre du projet européen INTERREG, elle a suivi les travaux effectués à Franchard, aux Platières d’Apremont, aux Bas Bréau, contribué à l’Accueil des bénévoles anglais de la New Forest avec l’animation d’une promenade guidée en forêt sur le sentier N°8 par un baliseur de la commission, et a participé à la mise en place d’un itinéraire au Sucremont à partir de la Feuillardière, itinéraire validé par le Comité d’Accueil du Public le 28 novembre 2005
Devant l’augmentation des balisages à caractère plus ou moins sauvage, la commission Terrain sous la direction de JC Beauregard et de Pierre Graber s’est positionnée pour réaliser une carte dressant l’état des lieux des itinéraires balisés qui existent à ce jour en Forêt de Fontainebleau, afin d’arrêter des choix avec l’ONF et les différents organismes concernés (FFRP, PNR Gâtinais Français, municipalités, établissements équestres, COSIROC, Fédé Française de VTT, Comité Départemental du Tourisme et Office du Tourisme de Fontainebleau). Cet état des lieux se poursuit.
La Commission a participé aux côtés de l’ONF et de FFRP, aux réflexions sur le remodelage du réseau d’itinéraires à Franchard
Elle a enfin suivi le plan d’aménagement des Trois Pignons, les travaux de réhabilitation de la Perspective de Maintenon qui fut inaugurée le 17/09/2005 et le plan de chasse 2004/2005.
Ajoutons pour terminer, qu’un membre des AFF (Philippe Lustrat) a découvert en avril 2005 une nouvelle espèce d’oiseau, le « casse-noix moucheté », uniquement montagnarde en France, et présente en Scandinavie. Cet oiseau n’avait jamais encore été observé en forêt.
La Commission Erosion, réunie à (2) reprises a mené des travaux au Cuvier Châtillon, site du Remparts (sentier N°5) et au Bas Bréau dans la descente du sentier N°6 sur la Chalet : travaux anti-érosion (pose d’un escalier de cheminement en bois) et a suivi l’avancée du rapport sur l’impact de la fréquentation des VTT sur les milieux forestiers qui a donné lieu à une réunion au Centre d’Initiation à la Forêt avec les responsables locaux des organisations cyclistes.
La Commission Arbres Remarquables a, sous la direction de Pierre Graber, et en étroite collaboration avec l’ONF actualisé l’inventaire des arbres remarquables avec son Groupe « Ronds Bleus »,
III – LES ACTIVITES A VISEE EDUCATIVE :
Grâce au travail laborieux de Gérard Vallée, les AFF ont présenté une série d’exposition sur 2005 :
Les AFF ont également permit des expositions au profit de différentes communes : le Mée-sur-Seine, Vulaines-sur-Seine, Châtelet-en-Brie, Souppes-sur-Loing.
Un Programme de 12 sorties forestières, élaboré par Ghislaine Beaux a été assuré du 9 janvier au 2 octobre 2005.
Concernant les Publications, sont parus les deux N° semestriels de la revue de l’association « La Voix de la Forêt », conçu par notre rédacteur en chef F. Beaux
Est également parue, une nouvelle série de 10 cartes postales couleurs de la Forêt de Fontainebleau. La Poste a lancé, avec le concours des AFF, une collection d’enveloppes prêtes à poster sur la forêt, en vente dans les principaux Bureaux de Poste locaux.
Les divers cd-rom édités par les AFF sont désormais regroupés dans des coffrets qui constituent une encyclopédie multimédia de la Forêt de Fontainebleau.
Le Site Internet a été mis à jour par Sébastien Gay.
Bilan des publications à la fin de l’année 2005 :
En conclusion, nous souhaitons remercier l’ensemble des adhérents de l’association, tout particulièrement, ceux qui très gentiment s’investissent pour assurer les permanences, les baliseurs qui ont le souci de transmettre leur savoir à de futures équipes, les animateurs de sorties forestières et des diverses manifestations, ceux qui apportent leur contribution à la rédaction de la « Voix de la Forêt », les administrateurs et membres du Bureau qui accompagnent le Président, les différentes instances et partenaires qui nous soutiennent.
Je vous remercie de votre attention. F. Chevallier, Secrétaire Général.
Rapport financier 2005 du Trésorier, Grégoire Lewandowski
Pour éviter de vous infliger l’écoute fastidieuse d’une litanie de chiffres, les éléments financiers de l’exercice 2005 ont été repris dans une feuille qui vous a été remise à votre arrivée et mon propos est de vous en expliquer les points marquants.
Dans le compte d’exploitation, les charges de gestion sont restées globalement au niveau des deux exercices précédents, avec une sensible diminution des frais de bureau constitués pour l’essentiel par des achats de papeterie et de cartouches d’imprimante, venant compenser une augmentation raisonnable du loyer et, plus conséquente, du téléphone. L’envoi par la poste des deux numéros de la Voix de la Forêt et de la convocation à l’A.G. représente près de 70 % des frais postaux. C’est d’ailleurs ce qui motive en grande partie l’augmentation des cotisations qui vous est soumise dans la 2ème résolution.
Les charges de la rubrique « activités » sont revenues, en 2005, à un niveau habituel (l’exercice précédent ayant été grèvé de la nouvelle édition du Guide des Sentiers), avec les frais d’impression des deux n° semestriels de la Voix de la Forêt, toujours très appréciée par nos adhérents, qui s’élèvent à plus de € 12000.
En dehors des expositions maintenant traditionnelles et toujours originales organisées à Fontainebleau par notre administrateur Gérard Vallée et de nos participations aux manifestations telles les Naturiales, une exposition s’est tenue à Richmond, comme l’année précédente à Constance, en partenariat avec la ville de Fontainebleau qui a concouru à couvrir dans une large mesure les dépenses engagées.
Les cotisations et dons de nos adhérents, dont je tiens à souligner ici la fidélité depuis des années pour un grand nombre d’entre eux, même quand ils ont dû quitter la région, témoignent de leur attachement à notre association et aux valeurs que nous essayons de défendre avec eux. En 2005, 86 nouvelles adhésions sont venues compenser les inévitables défections.
Je tiens une nouvelle fois à remercier la municipalité de Fontainebleau ainsi que les communes du pays de Fontainebleau ou riveraines de la forêt dont le soutien financier nous permet de poursuivre les actions que nous menons pour l’éducation des scolaires et une meilleure information du public.
Le succès de la nouvelle édition du Guide des Sentiers ne s’est pas démenti au fil des mois grâce aux efforts de nos baliseurs, toujours motivés, ainsi qu’à l’appui de nos distributeurs habituels, puisque les ventes déjà réalisées à ce jour nous amènent à envisager sérieusement un réapprovisionnement prochain.
Le résultat de l’exercice, légèrement positif, permet d’aborder l’avenir avec un optimisme raisonnable.
Je vous remercie de m’avoir prêté votre attention et suis prêt à vous fournir d’autres précisions.
Approbation des résolutions par l’Assemblée Générale
S’il n’y a pas de questions, je vais vous demander d’approuver la 1er résolution qui concerne le quitus à donner à notre Conseil d’Administration pour la gestion 2005 :
PREMIERE RESOLUTION :
« L’assemblée Générale après avoir entendu le Rapport d’activité et le rapport financier approuve les comptes tels qu’il lui sont présentés et donne quitus au Conseil pour sa gestion de l’association pour l’exercice 2005 ».
Cette résolution est donc adoptée à l’unanimité.
A cette occasion, je dois ajouter que je tiens à remercier Grégoire Lewandowski pour le dévouement et la compétence dont il a fait preuve dans sa fonction de Trésorier.
DEUXIEME RESOLUTION :
Révision des cotisations
Les taux des cotisations n’ont pas bougé depuis 7 ans. A l’époque, elles étaient de 150 francs qui se sont transformés en 23 € par personne. Alors, compte tenu de l’augmentation des frais auxquels nous devons faire face, notamment les frais postaux, votre Conseil vous propose de porter le montant des cotisations pour l’exercice 2007, respectivement :
De 23 € à 26 € pour l’adhésion individuelle
De 30 € à 33 € pour l’adhésion par couple.
La cotisation des membres bienfaiteurs restant inchangée.
Conformément à l'article 5 des statuts, ces nouveaux taux de cotisation sont soumis à l’approbation de la présente Assemblée Générale.
Une question soulevée dans la salle : quelle est le nombre de cotisations ?
Il y a environ 800 cotisations, entre celles individuelles et celles en couple..
Autre question: l’augmentation des frais postaux correspond-elle a une augmentation prévisible des tarifs de la poste ou du nombre d’envois ?
On est à peu près sur le même nombre d’envois. Il y a un élément surtout qui nous coûte assez cher, c’est l’envoie de la Voix de la Forêt. Car, la revue est adressée à nos 800 cotisants mais également à environ 150-200 personnes qui la reçoivent à différents titres, dont certains qui sont ici dans cette salle, sans être adhérents de l’association. Donc, on est à environ 1 000 envois de la Voix de la Forêt. Cela coûte assez cher et les frais postaux n’ont pas cessé d’augmenter.
Le Trésorier ajoute : la Poste dernièrement, ne serait-ce que pour l’envoi de l’invitation à la présente assemblée a modifié le mode de calcul des frais d’envoi ; ce n’est pas dans le sens de la baisse. L’envoi des enveloppes de quelques grammes était déjà conséquent. Mais je suis déjà en train de calculer l’incidence de l’envoi dans quelques semaines du numéro suivant de la Voix de la Forêt qui est beaucoup plus conséquent puisqu’il s’agit d’un pli de 300 grammes. Donc, pour répondre à votre question, les prévisions sont assez réelles et déjà immédiates.
Le Président : Y a t il des voix contre ? Des abstentions ? Cette résolution est donc adoptée à l’unanimité.
TROISIEME RESOLUTION :
Renouvellement du Mandat de cinq Administrateurs
Le mandat d'administrateur de Madame Gisèle BARRAU, de Messieurs Denis BAUCHARD, Vice Président, de Gilbert DETOLLENAERE, Président de la Commission Terrain,d’André BLEYNIE et de Bertrand DEHELLY vient à expiration le 30 juin 2006.
Ils sont candidats au renouvellement de leurs mandats sous réserve de l'approbation de la présente Assemblée Générale.
Le Conseil d'Administration soumet à votre ratification la reconduction, pour quatre ans, soit jusqu'au 30 juin 2010, de leur mandat conformément à l'article 7 des statuts de l'Association.
Cette résolution est donc adoptée à l’unanimité.
QUATRIEME RESOLUTION :
Nomination de nouveaux Administrateurs
Depuis l’Assemblée générale du 4 juin 2005, votre Conseil a coopté Monsieur Alain DECROIX, adhérent de longue date à l’Association et Président du Golf de Fontainebleau, Monsieur Serge GACHE, membre de la Commission Terrain, représentant les Amis de Samois, et Monsieur Alain RAVENEL, Ingénieur de l’Agriculture encore récemment chargé des forêts à DDAF à Melun.
La cooptation de ces Administrateurs est soumise, conformément à l'article 7 des statuts, à la ratification de la présente Assemblée Générale. En cas de ratification, leur mandat viendra à expiration le 30 juin 2010.
Je vous propose de ratifier leur nomination.
Cette résolution est donc adoptée à l’unanimité.
Le Centenaire de l’association des Amis de la Forêt de Fontainebleau
Je voudrais maintenant vous parler d’un événement très important pour notre association : l’année prochaine, l’association fêtera ses cents ans. En effet, notre association a été fondée le 6 décembre 1907.
1) Nous souhaitons donner à ce centenaire un éclat particulier. Avec plusieurs objectifs :
-mieux sensibiliser le public au patrimoine « emblématique » que représente la Forêt de Fontainebleau -rendre hommage aux pères fondateurs : qui en 1907 ont tout de même eu l’idée de créer cette association, qui était une des toutes premières française, mais certainement d’Ile-de-France, a se préoccuper de protection de la nature. -mieux faire connaître notre association, ses objectifs, ses activités et élargir le nombre de nos membres, faire connaître et aimer la forêt à un public ignorant ou indifférent pour le transformer en son ardent défenseur.
2-Cette célébration va coïncider avec deux expositions majeures sur le thème de Fontainebleau et de sa forêt. -Une exposition au Musée d’Orsay, sur la Forêt de Fontainebleau et ses peintres, qui sera la grande exposition de printemps, de mars à mai. Celle-ci devrait attirer un public nombreux, au moins de l’ordre de 150 à 200 000 visiteurs Son commissaire est Mme Georgel.
- Une exposition, en écho, au château de Fontainebleau, sur le thème : « Le développement du tourisme au XIX éme siècle autour de Fontainebleau, de son château et de sa forêt », dont le commissaire est Mme Notter, Directrice adjointe du château. Cette exposition se tiendra d’avril à juillet 2007. Je vous rappelle que la convocation que vous avez reçu, il y avait un appel, lancé par madame Notter, pour la collecte de souvenirs et d’objets pouvant figurer dans cette exposition : photos, affiches, films d’amateur, lettres autographes, objets souvenirs, livres anciens…
Pour ces deux expositions, notre association a été associée à leur avancement, notamment à l’occasion de réunions tenues à l’initiative de Mme Rambaud, Directrice des Archives et du Patrimoine de Seine-et-Marne. Nous tenons à la remercier car elle a permis que le Centenaire de notre association puisse avoir une autre ampleur et a réuni toutes les parties prenantes.
Pour ces expositions, les publications des AFF seront mises en vente aux librairies du Musée d’Orsay et du château.
Par ailleurs les Archives départementales ont programmé un dossier pédagogique et des conférences sur la forêt pour 2007.
De son côté le Comité départemental du tourisme s’appuiera sur ces événements pour promouvoir des « paquets » touristiques, incluant des sorties en forêt.
Les AFF sont également associés à ces différentes initiatives.
3- Pour leur part, les AFF prévoient une certain nombre d’initiatives et manifestations, en particulier : -Un numéro hors série « grand public » de la Voix de la Forêt, ayant de l’ordre de 150-200 pages, consacrée à la forêt sous tous ses aspects ( patrimoine, faune, flore, histoire…). Ce numéro sera publié fin 2006 et sera en vente à Orsay comme au château. Il sera composé d’articles anciens ayant conservé leur intérêt mais aussi d’articles nouveaux en cours de rédaction. Ce numéro est piloté par François Beaux.
-Un numéro spécial de la Voix de la Forêt, consacré à l’histoire de l’association depuis les origines, préparé avec l’appui de Michel Deslandes, qui sera publié fin 2007.
-Un colloque à l’lNSEAD en coopération avec l’ONF
-Un temps fort qui sera une « Fête de la Forêt » qui s’étendra sur un week end de septembre 2007 et dont le programme reste à préciser, mais qui devrait comporter trois volets : des ateliers thématiques, des manifestations ludiques et sportives, un concours. On étudie également la possibilité d’un spectacle.
Cet inventaire n’est pas limitatif et si vous avez d’autres idées de manifestations à proposer, elles seront bien accueillies.
La dernière manifestation évoquée, la « Fête de la Forêt », a d’ores et déjà reçu l’appui de la Ville de Fontainebleau, du Conseil général de Seine et Marne, de l’ONF, de l’INSEAD et de l’UICN qui ont accepté d’être nos partenaires.
L’ampleur de cette manifestation est largement liée à l’importance des fonds que nous pourrons lever auprès d’entreprises ou d’organismes mécénaux. S’agissant de son organisation, deux hypothèses sont envisagées : soit le recours à une société d’organisation d’événements (ce qui peut être onéreux), soit une organisation en direct, ce qui supposerait le recrutement à temps plein sur une période de plusieurs mois d’un professionnel pour animer et coordonner la préparation de cette fête.
4- Si nous voulons fêter brillamment ce centenaire, l’implication de chacun d’entre nous est indispensable
Venez appuyer l’équipe « centenaire », nous avons besoin de toutes les bonnes volontés en particulier pour l’aider à trouver des sponsors. Merci de nous faire connaître ceux que vous pourriez contacter. Nous avons avancementpréparé un document qui peut être remis à ces sponsors pour leur expliquer le détail de toute notre action lors de ce Centenaire et notamment concernant cette Fête de la Forêt.
Une question soulevée dans la salle : il serait intéressant de savoir quelle type de publication est prévue à cette occasion par la Château de Fontainebleau, pour l’exposition, et je me demande s’il n’est pas un peu dommage qu’il y ait un appel aux adhérents pour compléter et alimenter l’exposition du Château sans qu’il y ai une publication des archives collectées dans la Voix de la Forêt.
Le Président : il y aura deux Voix de la Forêt en quelque sorte. Un numéro grand public qui reprendra un certains nombres d’articles que nous avons pu faire paraître autrefois dans la Voix de la Forêt et qui semble particulièrement intéressant, et puis des articles originaux. Ce numéro ferait 150 à 200 pages et serait en vente au Musée d’Orsay et au Château de Fontainebleau. Deuxième chose : on souhaite retracer l’histoire des AFF. Le Musée d’Orsay va lui-même faire une petite brochure sur son exposition : là, nous pourrons exprimer l’existence de notre association et rappeler ses objectifs ; de la même façon, pour le Château de Fontainebleau, nous aurons une insertion dans un document.
Quelques sujets d’actualité de la forêt
Le Président : Un sujet qui revient assez souvent en ce moment, il s’agit des coupes de bois pratiquées en forêt. Cela se présente sous différents aspects ; je ne parle pas des approches sentimentales des gens qui nous disent « c’est une honte, on a abattu le chêne untel qui était là depuis des centaines d’années… ». Je voudrais parler plutôt de remarques qui nous sont faites sur les conditions dans lesquelles s’effectuent ces coupes.
Cela porte tout d’abord sur les ornières épouvantables qui demeurent en hiver en forêt. Les entreprises, ce qui est bien légitime, ont des matériels très efficace mais qui laissent des ornières importantes. Alors pour une forêt donc l’un des objectifs est l’accueil du public et la protection des paysages, ces stigmates ne sont pas tellement appréciés.
Deuxième choses que je souhaite évoquer : ce sont les grumes qui restent, quelque fois plus d’un an, sur le bord de la route. Il y a une grand incompréhension, légitime, du public qui voit ce bois dont il a l’impression qu’il pourri sur place. Du coup, les gens ont l’impression qu’on coupe beaucoup plus de d’arbres en forêt qu’on en coupe en réalité ; bref, cela créé un climat désagréable.
Enfin, troisième point, il s’agit du volume des coupes. Le public en général a toujours l’impression que l’ONF en fait toujours un peu trop, ce qui n’est pas forcément légitime, je le reconnais, mais le fait est que nous faisons constamment attention à ce volume. Le fait est qu’elles ont augmenté par rapport aux volumes des années 80. Mais je sais que l’ONF a de bons arguments et j’espère que ses représentants pourront nous les exprimer.
Monsieur DERORY :
Les coupes ne sont que la conséquence de choix de sylviculture qui sont fixés dans l’aménagement et en fait le nouvel aménagement prévoyait un certain nombre de coupes. Aujourd’hui, nous sommes dans l’application de cet aménagement, c’est-à-dire dans les volumes qui y était prévu. Alors effectivement, l’aspect que vous signalez provient aussi du fait que l’économie a été énormément chamboulée pendant les quelques années qui ont suivi la tempête et aujourd’hui nous sommes partis sur un rythme normal d’exploitation qui est celui prévu dans l’aménagement. Sur le plan des volumes, cela me paraît donc assez clair.
Sur l’impact des coupes, il faut savoir que nos coupes sont vendues sur pieds, la plupart du temps, même si nous avons commencé à vendre quelques coupes de bois façonnées sur Fontainebleau, très peu, puisque l’année dernière nous avons vendus ( ?), ce qui est très peu. Pour plus d’explication, d’habitude nous vendons nos bois sur pieds, l’exploitant étant chargé, dans un délai d’environ 12 mois à 18 mois, de les exploiter. Et pendant ce délai de 12 à 18 mois, l’exploitant devient propriétaire de la coupe et des bois et peu donc faire l’exploitation à sa guise. Quand il s’agit de bois façonnés, on vend les bois ramenés au bord de route, c’est-à-dire que c’est l’ONF qui pratique l’exploitation, en prenant des exploitants en sous-traitance. Il s’agit des mêmes entreprises, c’est la relation commerciale avec l’entreprise qui change.
Alors aujourd’hui, par rapport au problème que vous soulevez, nous sommes en train de réfléchir à deux pistes :
-la première : la période durant laquelle on n’exploita pas s’étend du 15 avril au 15 octobre. C’est-à-dire qu’aujourd’hui on est dans un système où on autorise les exploitants à exploiter en hiver, à la période où ils peuvent engendrer le plus de dégâts. Donc l’idée est de réfléchir sur la possibilité d’autoriser certaines exploitations à partir de début septembre, à des périodes où les sols sont beaucoup plus secs et beaucoup plus portants. Nous allons y réfléchir et faire des propositions en temps voulu à Monsieur le Préfet de Seine et Marne dans le cadre du Comité Scientifique et des Usagers de la Forêt de Fontainebleau.
-la deuxième : la durée d’exploitation est de 12 à 18 mois. Nous réfléchissons également pour garder ce même délai d’exploitation, mais à l’intérieur de ce délai de fixer une durée de la coupe. C’est-à-dire que l’exploitant qui achèterait une coupe aurait 18 mois pour la commencer mais, une fois commencée, il aurait une durée de 2 à 4 mois pour exploiter la coupe. Ce qui permettrait d’accélérer certaines coupes. Cela mérite négociation avec nos acheteurs parce que cela signifie qu’il va falloir qu’ils apprennent à ‘organiser différemment pour être beaucoup plus réactifs. Cela diminuerait donc la durée d’activité en forêt parce que ce qui choque le public – me semble-t-il, nous avons les mêmes remarques que vous – c’est effectivement la présence prolongée des bois en bord de route qui donne un effet quelque peu massif de l’exploitation. En tout cas, le bois en bord de route ne pourris pas. Les arbres en bord de route sont souvent des chênes ; ils pourraient pourrir mais il faudrait des délais beaucoup plus long que la durée pendant laquelle ils sont laissés en bord de route.
Le Président : merci de ces explications, j’espère toutefois que ces nouvelles modalités seront rapidement mises en œuvre.
Monsieur Derory : les propositions seront exposées au prochain comité des Usagers.
Une question dans la salle : je parle de la Forêt de Fontainebleau ; alors même qu’il y a une véritable association, et qu’il y a une véritable mobilisation autour de cette forêt, on sent bien que l’information passe mal envers l’ensemble des usagers puisque vous avez ce genre de retours, retours de ceux qui osent poser des questions et qui trouvent les personnes à qui les poser, mais je me demande si une explication sur place, sur la forme de panneaux, ne pourrait pas calmer l’angoisse d’une partie des gens, panneaux qui expliquerait la durée de l’exploitation, la nature de la coupe. Je parle d’expérience personnelle similaire, non pas à Fontainebleau mais en Forêt de Meudon : c’est vrai que lorsqu’on voit des points rouges peints sur les arbres, on se doute bien qu’il va se passer quelque chose ; on ne sait pas toujours quoi et quand. On voit après les bûcherons débarqués ; on ne sait pas combien de temps cela va durer ; bref, je retrouve les mêmes angoisses que certaines personnes que je connais.
Monsieur Derory : le problème, c’est qu’il existe déjà un affichage, mais un affichage technique qui est lié au closes de sécurité, un peu comme un permis de construire, ce n’est pas explicite. Je suis d’accord avec la remarque que vous faite. Je dis simplement que pour l’avoir expérimentée dans d’autres forêts, je pense notamment à la Forêt de Sénart, on a énormément de difficulté par rapport au vandalisme ; les panneaux restent très de temps.
Une remarque de l’assistante sur l’intérêt d’avertir par voix de presse locale les coupes qui sont programmées en forêt.
Autre question : Y-a-t’il quelque chose de prévu au contrat, entre l’ONF et l’exploitant, prévoyant un délai de remise en état des allées forestières ou bien laisse-t-on la nature reprendre ses droits.
Monsieur Derory : le contrat est très clair. Lorsqu’un acheteur de bois achète une coupe, il doit cautionner la coupe par une caution bancaire. Et cette caution bancaire n’est levée qu’à la fin de la coupe que lorsque la remise en état a eu lieu ; c’est ce qu’on appelle « le procès verbal de réception de la coupe » qui n’est délivré qu’au vu de la bonne exécution de la coupe. La difficulté le bien souvent, c’est que, nous, ce que nous considérons comme une coupe réceptionnée ne correspond pas au critères de qualité d’une forêt propre pour le promeneur. Il n’y a pas la même notion de dégâts en forêt. Pour le grand public, des branches qui restent au sol, c’est une forêt qui n’est pas propre. Alors que pour nous, cette une forêt qui vit parce ces branches là vont rentrer dans le cycle de la nature. Par contre, ce que vous dites pour les dégâts occasionnés aux chemins, nous le partageons totalement.
Le Président : Il y a une chose de très désagréable en forêt, je parle des gens du voyage qui viennent régulièrement s’installer, face au Golf de Fontainebleau, pendant au moins 15 jours, à environ 200 caravanes, et vous imaginez bien qu’ils laissent le site dans un état pitoyable, sans parler des prise de gibier qu’ils ne manquent pas de mener – remarquez, c’est très ‘Astérix’, puisqu’ils mangent des sangliers à la broche ! Je ne m’étendrais pas sur ce sujet épineux mais je souhaite que notre association continue de manifester sur ce sujet.
Je demande donc le vote d’une motion très simple par laquelle les AFF demandent que des mesures nécessaires pour éviter un tel abus.
Allocution du Préfet d’Ile-de-France, Monsieur Landrieu
Le Président : Nous sommes honorés, Monsieur le Préfet que vous ayez bien voulu venir parmi nous. Je rappelle que Monsieur Landrieu a été directeur du cabinet du Président de la République de 1995 à 2002 et que, cela fait partie du rôle de directeur de cabinet d’être également président de l’ONF
Le Préfet Monsieur Landrieu :
C’est une tradition qui remonte à un des premiers présidents du Conseil d’Administration de l’Office des Forêts qui a été Michel Jaubert. L’ONF a été créée en 1964 et effectivement, il existe une tradition que le Président du conseil d’Administration soit, soit un des collaborateurs directs du Président, soit être très proche du Président de la République. C’est une tradition qui remonte à la forêt royale, tradition à laquelle les forestiers publics tiennent beaucoup.
Le Président :
Alors je dois ajouter que dans vos fonctions actuelles de Préfet de la Région Ile-de-France, vous continuer à vous intéresser dans le détail à la forêt dans la mesure où vous présidez la Commission Régionale de la Forêt et des Produits Forestiers, qui est chargée notamment d’appliquer les orientations régionales forestières qui sont applicables à la Forêt de Fontainebleau naturellement. Vous connaissez notre forêt, vous savez qu’elle abrite des milliers d’espèces végétales, des insectes innombrables, une faune extraordinaire et que notre association a été créée pour contribuer et assurer la conservation et la protection de cette forêt. Elle reçoit pas moins 17 millions de visites par an, ce qui en fait, nous dit-on, le monument le plus visité de France et notre association a un rôle un peu difficile dans la mesure où elle doit éviter que les hayatolas de l’écologie, pour soit disant protéger notre site exceptionnel, interdisent au public de bouger ou un peu près et, d’autre part, en recevant ces millions de visites, assurer la protection de cette forêt qui n’est pas forcément le soucis d’un certains nombres de ces visiteurs. Mais la forêt a aussi un triste privilège, c’est qu’elle est traversée par de nombreuses routes, en particulier par la nationale N7, qui support un trafic très important de poids lourds en transit. Alors depuis des années nous encourageons la réalisation d’aménagements routiers qui sont retenus, mais nous déplorons la lenteur de leur mise en œuvre. Nous ne doutons, Monsieur le Préfet, que le SDRIF, va nous apporter quelques éclairages sur ce point en particulier mais aussi nous aider à assurer la pérennité de notre belle forêt. Merci de bien vouloir nous rassurer.
Préfet Landrieu :
Monsieur, le Président, merci de votre accueil et merci à Monsieur Bauchard, que je connais bien, d’avoir penser que le Préfet de région pouvait, en 2006, participer à votre assemblée générale et par exemple vous parler effectivement du SDRIF et plus largement des problèmes qui vous préoccupent.
Auparavant, je voudrais saluer le Maire de Fontainebleau ; je m’excuse d’arriver en retard mais nous avions une réunion de travail juste avant de vous rejoindre et puis je salue Monsieur Gamblin, que je connais depuis longtemps, Monsieur Derory, Monsieur Ghuigonis que je connais également depuis bientôt 30 ans.
Alors, effectivement, au titre du Préfet de Région, je lance cette procédure de révision du SDRIF sur lequel je voudrais vous dire deux mots.
D’abord, le SDRIF est une procédure qui existe depuis 1964 ; il a été lancé du temps de la réorganisation de la Région parisienne par Paul Delouvrier. C’était une procédure de l’Etat, le Préfet de Région, les services déconcentrés, notamment la Direction de l’Equipement, qui élaboraient le SDRIF et qui ensuite le faisait partager aux différents partenaires. Le dernier SDRIF, date de 1994. Ce document à vocation à définir la répartition et l’affectation des espaces entre les différentes fonctions : urbaines, agricoles, économiques, etc. Il s’agit donc d’un document de planification. C’est un document qui est destiné à être valable une quinzaine d’années et qui détermine dans quelle zone on doit ne pas / faire telles choses : construire des habitations, des routes, des voies ferrées. C’est donc un document de planification à long terme. En tant que tel, ce document s’impose aux documents communaux d’urbanisme. Un POS, ou un PLU (qui succède au POS, doit respecter les indications du SDRIF. L’Etat quand il gérait cette procédure était constitutionnellement légitime à imposer des choses aux communes mais il est le seul ; il n’y a que lui qui peut faire peser une tutelle sur une collectivité locale. La décentralisation a rappelé ce grand principe qu’il ne peut pas y avoir une tutelle d’une collectivité sur une autre collectivité. Je le dis parce que en 1994, l’Etat a sorti un SDRIF qui a été peut partagé et qui s’impose encore maintenant. Peu partagé parce que les conseils régionaux et généraux ne l’ont approuvé mais il s’impose.
Dans la foulée de cet exercice imposé par l’Etat mais non partagé par les collectivités, une loi de 1994 a décidé de confier la responsabilité du SDRIF au Conseil Régional, à l’exécutif de la région, mais en association avec l’Etat. Pour deux raison : la première, celle que je viens de rappeler que seul l’Etat peut conduire une collectivité à respecter des contraintes et la deuxième parce que l’on voit bien que la Région Ile-de-France étant la région-capitale, il y a d’autres intérêt que les intérêts régionaux qui sont en jeu. Il y a des intérêts nationaux et internationaux, qui relèvent de la mission de l’Etat. D’où cette procédure, où depuis la loi de 1994, le Conseil Régional prend l’initiative de la révision du SDRIF, conduit la procédure de révision mais en association avec l’Etat.
Cette association se traduit notamment de deux façons : au début de la procédure, il parait un décret, c’est-à-dire une décision du Gouvernement, qui autorise la révision et à la fin de la révision du SDRIF, il parait un autre décret, qui rend le SDRIF opposable et prescriptible aux collectivités.
Alors, où en sommes-nous de la révision actuelle du SDRIF ?
La révision du SDRIF a été sollicitée par le Conseil régional nouvellement élu en 2004, le décret qui autorise la révision est paru en août 2005. J’ai, le 13 septembre, reçu mandat du Premier Ministre qui me donne le mandat de négociation, c’est-à-dire les ligne directrices que le Gouvernement me demande de faire valoir dans la révision du SDRIF.
Le Conseil régional a travaillé et il va bientôt, au moins de juin annonce-t-il, faire voter au Conseil régional une « vision régionale », c’est-à-dire les grandes orientations. Nous n’en sommes pas encore à l’affectation des sols et à la cartographie précise.
Le Conseil Régional annonce que l’avant-projet de SDRIF pourrait être voté par l’assemblée régionale d’ici la fin de l’année 2006. Il faut se rappeler que les années 2007-2008, en matière de grandes décisions administratives, vont être compliquées – j’ai dis compliqué, je n’ai pas dis autre choses ! – par les grands rendez-vous électoraux, que sont les élections présidentielles et législatives en 2007-2008 et les municipales au printemps 2008.
Sur le fond, je vous indique que dans cette association entre Etat et Conseil Régional, il n’y a pas aujourd’hui de divergence, ni de fond, ni de forme, sur les objectifs conjoints. Je vais arriver à la Forêt de Fontainebleau, mais laissez-moi planter le décor général ! L’Etat et le Conseil Général sont d’accord pour dire qu’il faut renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France. Qu’est-ce que cela signifie ?
Cela signifie que la politique d’aménagement du territoire de l’Etat, depuis 40 à 50 ans, consistait à dire que Paris et la l’Ile-de-France sont trop gros ; il faut ‘toiser’ Paris et l’Ile-de-France pour permettre aux autres grandes métropoles régionales de se développer. Le problème ne se présente plus comme cela aujourd’hui, car les grandes métropoles (Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes..) ont acquis une force suffisante, une dynamique suffisante pour ne plus avoir besoin de recevoir des activités venant de Paris et de l’Ile-de-France. Et surtout, on s’aperçoit qu’aujourd’hui, lorsqu’on veut limiter le développement d’une activité économique à Paris ou en Ile-de-France, lorsqu’on veut refuser qu’une entreprise, industrielle ou de services, s’implante en Ile-de-France, elle ne va plus à Marseille ou à Toulouse, elle à Londres, à Francfort, à Milan ou à Barcelone. Et dons, la donne en matière de développement économique a totalement changé et renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France, c’est renforcer le rôle de locomotive de Paris et de la région francilienne dans le développement économique national.
Le deuxième point sur lequel nous sommes tout à fait d’accord avec le Conseil Régional, c’est qu’il faut enfin répondre à une crise du logement qui est un véritable cancer pour l’Ile-de-France. Le SDRIF actuel prévoyait 53 000 logements par an en Ile-de-France ; on est péniblement à 35 000, avec tous les effets que vous connaissez sur les difficultés sociales, l’augmentation du prix des loyers. Donc pour construire, il faut mobiliser du foncier.
Troisième point d’accord, c’est la densification de la 1ère Couronne. Il y a toutes une série d’endroits bien desservis par le réseau des transports collectifs ou les réseaux routiers qui possèdent encore des espaces. J’insiste sur ce point parce que vous vous souvenez peut-être qu’il y a une forte dose d’élus écolos, verts, dans la majorité du Conseil Régional, la plupart opposés à toutes construction supplémentaires mais là, en l’occurrence, compte tenu du besoin de logement en Ile-de-France, les Verts au Conseil régional se sont mis d’accord avec l’ensemble des autres groupes politiques pour adopter cette politique de densification et, en dehors de la zone dense agglomérée de Paris et principalement des trois départements de la 1ère Couronne, l’idée du développement continue d’être celle du polycentrisme, c’est-à-dire le développement d’un certain nombre de pôles, bien reliés par des moyens de transport collectif mais aussi avec une urbanisation organisée.
Donc, voilà, sur trois domaines importants pour la vie quotidienne des Franciliens, il n’y a pas de divergence de fonds entre l’Etat et le Conseil Régional.
Alors, j’en arrive à la Forêt de Fontainebleau.
Dans le cadre de cette association Etat / Région, je viens de signer un document, qui s’appelle « le porté à connaissance », document que les élus municipaux connaissent puisque lorsque l’on fait un POS, l’Etat port à connaissance des communes un certains nombres de servitudes et de contraintes applicables aux territoires. Je viens de faire la même chose avec le Président du Conseil Régional en lui notifiant des protections décidées par la loi ou par un certain nombre de procédures, qu’il doit respecter.
Et au nombre de ces protections figure effectivement l’ensemble des protections dont bénéficie le Massif de Fontainebleau. J’imagine que votre association sait bien qu’il n’y a pas de forêt en France plus protégée que la vôtre. Je mets au défi quiconque de trouver une faille dans les protections possibles de la Forêt de Fontainebleau ; la dernière en date, comme vous le savez, Natura 2000.
Donc, le Conseil Régional, si tant est qu’il est des idées assassine ou agressives à l’égard de la Forêt de Fontainebleau, ne pourrait pas en faire quoi que ce soit parce qu’il est tenu par la loi. Enfin je vous rappelle que lorsque le Conseil régional aura terminée sa procédure, elle ne sera applicable à l’égard des citoyens et des collectivités que par un deuxième décret.
Alors, est-ce que le SDRIF est capable de faire progresser les problèmes quotidiens que vous évoquiez : circulation, gestion des gens du voyage, etc.… ?
Excusez-moi, je vais être un peu technocratique, le SDRIF est un document qui permet de prévoir l’avenir de la région IDF et son aménagement à 20 ans. Quand vous me parlez des routes nationales et de leur aménagement, nous parlons de programmation, de contrat, de plan, ou de programmes qui sont en général de 5 à 7 ans. Donc, vous ne trouverez pas dans le SDRIF de programmation de travaux ; le SDRIF n’est pas un programme avec des financements ; c’est un document de planification ; c’est un document réglementaire, ce n’est pas un document financier. En ce qui concerne les travaux sur les routes départementales désormais décentralisées et confiées aux départements, ces travaux relèvent de la procédure qui s’appellera jusqu’au début de l’année prochaine le « contrat de projet », sauf sur les routes puisque compte tenu du fait que les routes ont été remises aux départements, les contrats de plan actuels, nés en 2001, sont prolongés de trois ans. Donc, pendant encore trois ans, les contrats de plan actuels demeurent valables et c’es à ce titre que les travaux inscrits au contrat de plan actuel devraient pouvoir demeurés finançables dans les trois ans qui viennent.
Concernant les Gens du Voyage, c’est de la responsabilité des documents d’urbanisme municipaux, communaux, de définir les conditions d’accueil des Gens du Voyage et je félicite d’ailleurs le Maire de Fontainebleau d’y avoir procédé récemment. Ceci dit l’Etat exerce sur les communes des encouragements financiers et réglementaires puisqu’il y a un plan qui existe concernant l’accueil des Gens du Voyage qui date de 2001-2002 pour ce qui est de l’IDF, avec les « aires communales » et ce qu’on appelle « les aires de grand passage », de plus grand capacité, qui sont beaucoup plus difficile à trouver, à aménager que les précédentes. Je suis désolé de vous dire que ça fait maintenant 36 ans que je suis dans l’administration préfectorale, que je contribue avec les élus à chercher des solutions concernant ces problèmes. Il ne se sont pas simplifiées depuis 36 ans parce qu’avec l’ouverture des pays de l’Est les nomades sont plus nombreux et il n’y a pas de doute que les citoyens, nous tous, avons des préjugés. Et donc, quand on parle d’aires communales et de grand passage, on a systématiquement des oppositions et donc cela prend énormément de temps. Et c’est encore plus compliqué, car vous avez une aire d’accueil des Gens du voyage bien aménagé, cela ne résout qu’une partie du problème parce que quand vous avez une « tribu » (vous savez qu’il existe plusieurs communautés, les Manouches, les Roms, et eux-mêmes sont divisés en familles), qui vient s’installée sur une aire, c’est la certitude que plus personne d’autres ne viendra s’installer autour. Nous on pense avec notre vision citoyenne, que ces espaces satisfont et conviennent à tout le monde, ce qui n’est pas le cas. Ce qui n’empêche pas que les choses progressent et l’exemple de Fontainebleau montre que la pression de l’Etat sur les élus locaux les conduit à organiser un certain nombre de choses. Donc le SDRIF en tenant que tel ne prévoit rien et je suis au regret de vous dire que dans 36 ans mon successeur devrait tenir le même discours que celui que je tiens aujourd’hui.
Voilà, je suis désolé, concernant les Gens du Voyage, de terminer sur une note peu optimiste. Je ne vais pas être trop long. Revenons à la forêt. La Forêt de Fontainebleau est certainement la forêt la plus connue de France, non seulement par ses usagers, que vous êtes vous, que nous sommes en IDF, mais vraisemblablement, celui qui en zone urbaine est le massif le plus important. C’est une des forêt les plus emblématiques de France. Je me souviens bien quand j’ai été Président du Conseil d’Administration de l’ONF, c’est une forêt dont on parle toujours parce que c’est une forêt où les fonctions, notamment celles d’accueil, sont les plus poussées. L’ONF partout en France, ici et là, multiplie les fonctions d’accueil. Ce n’est pas simple parce qu’on oublie trop souvent que la forêt est aussi un outil de production et que si on met une forêt sous cloche, si on n’y touche pas, un jour ou l’autre la forêt n’a plus le même type, le même genre d’accueil pour ceux qui veulent y pratiquer leur loisirs, que ce soit la promenade, la cueillette des champignons, la chasse. Fontainebleau est non seulement la forêt qui cumule toutes les protections - comme je le disais tout à l’heure – mais dans laquelle la recherche dans toute l’évolution des fonctions est la plus poussée. Donc, il ne faut pas en vouloir à l’ONF de temps à temps de tâtonner mais Fontainebleau est une sorte de laboratoire. En zone urbanisée, grâce à ce travail, grâce aussi à des associations comme la vôtre, la Forêt de Fontainebleau à son avenir devant elle. Il y aura toujours des incompréhensions. Vous savez, encore avec 36 ans d’expérience administrative, je peux vous dire la chose suivante : le citoyen Français est, en dehors de sa profession, chef de gare, instituteur et forestier. C'est-à-dire qu’il a des idées définitives sur les chemins de fer, sur l’école et sur la forêt. C’est comme ça mais par conséquence expliquer la sylviculture, la gestion forestière, est une œuvre toujours à recommencer. Et je remercie les responsables de l’ONF de le faire avec patience et sérénité. En tout cas, il y a une chose certaine, c’est que au-delà de l’ONF, qui est en permanence à votre disposition pour répondre à vos question, le Préfet – je sais que le préfet de Seine-et-Marne était avec vous l’année dernière, j’espère que ma présence et le souhait que j’ai de vous dire ma disponibilité – vous indique que nous sommes nombreux à nous intéresser à la forêt en général et plus particulièrement à la Forêt de Fontainebleau, dans le cadre de cette attractivité de l’IDF dont je parlais parce que l’attractivité ce n’est pas simplement offrir des emplois supplémentaires et des logements, c’est aussi offrir un cadre de vie et notamment un cadre vert qui est le garant de notre prospérité personnelle et nationale.
Voilà, Mesdames et Messiers, pardon d’avoir été trop long et vraisemblablement un peu compliqué mais je te tenais à vous dire un certain nombre de choses.
Echanges avec la salle
Le Président : je vous remercie beaucoup Monsieur le Préfet d’avoir bien voulu nous expliquer ce qu’était ce SDRIF qui, comme toute grande organisation administrative, n’est pas toujours bien comprise. Mais je retiens effectivement une chose qui n’apparaît pas à tout le monde peut-être : c’est que vous souhaitez que l’Ile-de-France soit une région attractive, ce qui est effectivement contraire à ce que j’entends mois aussi depuis environ 36 ans, c’est-à-dire la suprématie de l’Ile-de-France par rapport à un « désert français »qu’il fallait rendre plus attractif. Il y a donc là un changement radical. C’est quelque chose d’important à acter. Une autre chose que vous avez évoqué, et que je confirme : oui la Forêt de Fontainebleau a sans doute le record des protections et on dit entre nous qu’on a, à Fontainebleau, une « pile d’assiettes », en partant du statut indispensable de forêt de protection à celui, pour lequel vous êtes moins convaincu semble-t-il, Natura 2000 par exemple…
Le Préfet : Natura 2000 est le dernier avatar des inventions bruxelloises mais maintenant les « assiettes » qui s’empileront sur Fontainebleau seront essentiellement européennes.
Le Président : Ensuite vous avez parlé de programmation et de planification. J’ai lu quelque part qu’il était prévu de faire une autoroute qui nous semble très judicieuse et qui partirait de Melun pour relier Roissy. Si effectivement ce projet se réalisait, cela permettrait aux camions – ou du moins on pourrait imposer plus facilement aux camions – d’éviter la forêt et de passer soit par l’autoroute A6 soit par l’autoroute A5. Mais je suis quelque peu inquiet, parce que vous avez parlé de planification à 20 ans. J’espère que cela ne signifie pas que, si cette autoroute figure effectivement dans le SDRIF, elle ne soit pas programmée mais simplement planifiée. Ai-je bien compris?
Le Préfet : Vous avez tout à fait compris. L’histoire autoroutière de l’IDF est très simple : on a fait d’abord un périphérique, puis après l’A86, puis la 104 – cette 3ème rocade se termine dans la Val d’Oise et dans les Yvelines. Il en faudra un jour une 4ème, notamment pour les trafics de poids lourds. La discussion va être ouverte dans le cadre du SDRIF parce qu’il est évident que si le SDRIF n’autorisait pas ce genre d’ouvrage, il ne serait pas susceptible de se faire puisque non-inscrit au SDRIF. Cela va faire l’objet des grands débats en terme d’organisation du territoire en IDF.
Intervention dans la salle :
Je suis usager de la forêt et baliseur d’un sentier. Je souhaiterais poser une question et faire aussi une doléance. Tout d’abord une remarque : l’IDF représente 20% de la population en France. Dons si on mettait en application les projections démographiques avancés par le SDRIF, on devrait être encore plus d’ici 20 ans, ce qui aurait encore des conséquence pour les Franciliens, que ce soit pour les transports, notamment , et pour la Forêt de Fontainebleau.
Alors, par rapport à ma doléance, cela fait plusieurs années que je milite pour une piste cyclable entre Milly et Fontainebleau. Nous avons contacté tous les maires concernés : Milly, Arbonne, Fontainebleau, etc. puis d’autres associations, comme la Vie en Vélo à Avon. Il y a une volonté pour faire cette piste cyclable. A chaque fois on nous parle de conduite douce, de circulation apaisée, mais on attend toujours la réalisation de ce projet et on voit toujours autant de circulation, notamment sur cette route sur laquelle il y a déjà eu des morts. Alors, je pense que si on consacrait davantage d’argent aux vélos plutôt qu’aux automobiles, alors peut-être qu’il existerait effectivement une circulation apaisée en forêt.
Le Préfet : Je ne connais pas ce projet ; je demanderai au Préfet et au sous-préfet. Mais, moi face à cette question, je demande simplement : qui est le maître d’ouvrage de cette liaison ?
Monsieur Lashernes : En dehors de la problématique ‘conduite apaisée’, qui a été une opération menée conjointement par l’Etat et le Conseil Général, sur les routes de la Forêt de Fontainebleau, - avec des premières réalisations qui ont été menées. D’autres vont être mené sur 2006/2007 et on aura d’ailleurs besoin des crédits votés au Contrat de Plan pour continuer les travaux dans les deux années qui viennent – il y a effectivement une réflexion menée par le CG sur un schéma départemental des « liaisons douces » pour les cyclistes. Suite à ce schéma – les études sont en cours ; je pense qu’un certains nombres d’associations ont du être contactées – des réalisations pourront être programmées.
Question de Monsieur AMAT : On a parlé des « piles d’assiettes » qui se sont accumulées pour protéger la Forêt de Fontainebleau, mais ça n’est peut être pas le cas pour la Massif de Fontainebleau. Il y a deux points. Un premier point, dont je me suis occupé avec le Président lorsque j’étais au conseil d’administration de l’association, concerne le statut de la Forêt des Trois Pignons qui étant une acquisition plus récente par l’Etat, ne bénéficie pas de toutes les protections dont bénéficie la forêt bellifontaine, ce qui pose un certain nombres de problèmes quant aux projets d’urbanisme des communes limitrophes de la forêt. On a quelque peu l’impression d’un danger correspondant à l’orientation que prend l’urbanisme. On parle de densification, qui consiste à ne pas miter la campagne entre les agglomérations – ce qui est louable - en densifiant le centre des villes. Cela pose un problème aux communes de bornage qui se caractérisent aussi par la présence d’espaces verts qui contribuent à leur charme. On a l’impression qu’il y a une certaine pression sur les municipalités pour développer les constructions dans le centre de ces communes. Je parlerais de Barbizon, où j’habite : on assiste à une véritable disparition des arbres à Barbizon. Il faudra trouver un équilibre afin que la densification, certes, nécessaire, ne devienne pas trop sauvage.
Le Préfet : je note cette position et ces informations. Je rappelle simplement que les autorisations de construire sont toutes de responsabilité municipale.
Le Président : je répondrai à votre première question, Monsieur Amat. Cette différence de protection entre Fontainebleau et les Trois Pignons a été évoquée en Commission des Sites après que je sois intervenu. Selon la Loi de 1913 sur la protection des sites et des monuments la Forêt domaniale de Fontainebleau, en tant que telle, est protégée, mais la Forêt domaniale des trois Pignons n’a effectivement pas ce statut. Ce problème n’a pas été considéré comme prioritaire par la Commission des Sites parce qu’il existait beaucoup d’autres sites à faire classer. Mais, la Forêt des Trois Pignons est prévue ultérieurement dans ce classement.
Allocution de Monsieur VALTOUX, Maire de Fontainebleau
Monsieur le Préfet, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs. Monsieur le Préfet a dit tout à l’heure que la Forêt de Fontainebleau était la forêt la plus connue. On sait nous aussi que c’est également la forêt la plus aimée et qu’à ce titre là les 17 millions de visites et les plusieurs millions de visiteurs ont un rapport particulier avec ce massif. Vous avez souligné tout à l’heure l’initiative du Musée d’Orsay qui montrera que c’est une forêt appréciée aussi des artistes.
Je voudrais simplement signaler –puisque nouvellement élu – le souhait de la nouvelle municipalité d’accompagner l’association dans les projets qui sont les vôtres. D’abord, parce que nous partageons la même vision de ce que doit être la forêt, son utilisation, son exploitation, son avenir et l’accueil du public dans ce massif. Ensuite parce que notre équipe – bien que récente – apprécie et a pu constater le dynamisme de votre association et les nombreuses initiatives que l’on a été déjà amené à accompagner montrent que vous jouez un rôle majeur aux côtés des institutions et notamment l’ONF dans la compréhension de ce qu’est la forêt pour le grand public et auprès des écoles, ce à quoi je suis sensible, avec toute la palette des choses que vous êtes capables de faire. L’année prochaine, pour le Centenaire, bien sur la municipalité sera à vos côtés et essayera d’accompagner au maximum vos initiatives.
Simplement pour dire aussi, qu’au travers des initiatives, vous avez parlé tout à l’heure de la crainte que vous aviez de voir certaines municipalités de favoriser le lotissement en densification sinon les constructions nouvelles, sachez qu’à Fontainebleau nous espérons aboutir rapidement sur un travail qui a été lancé par mon prédécesseur mais qui a mis beaucoup de temps à cheminer ; je parle de la ZPPEP (Zone de Protection Paysagère et d’Urbanisme) qui une fois élaborée nous permettra de valoriser le patrimoine existant – pas de vitrifier la ville, car cela je m’en défends ; une ville doit vivre et il sera inutile de sanctifier le passé et figer la ville dans l’instant – en protégeant ce qui constitue les éléments d’attractivité de notre ville. Et donc dans ce travail de ZPPAUP, il y a tout un travail qui concerne les lisières de la forêt, cet espace de transition entre la ville et la forêt. On a déjà mené tout un travail avec l’ONF et je tiens à ce qu’on porte une attention particulière sur ce point dans le cadre de cette ZPPAUP.
Le deuxième sujet qui me tient à cœur et qui peut concerner le massif de Fontainebleau concerne l’intercommunalité. Vous savez que dans la région de Fontainebleau, l’intercommunalité est quelque peu éclatée, résultat d’une histoire passée sur laquelle il ne faut pas revenir. Mais on assiste aujourd’hui à un morcellement des intercommunalités qui tourne un peu le dos à l’esprit de l’intercommunalité, c’est-à-dire travailler ensemble sur un bassin de vie. J’en ai déjà parlé avec beaucoup de maires et, à terme, j’aimerais qu’on réussisse – mais c’est un travail de conviction - avec les maires des communes périphériques du massif de Fontainebleau, à bâtir une intercommunalité qui donne du sens à cette espace du pays de Fontainebleau .Du coup elle s’intéresserait à la manière dont le massif est géré, traité et serait un partenaire peut-être plus actif dans la valorisation de cette forêt.
Voilà donc deux chantiers que l’on a repris à Fontainebleau que j’espère mener rapidement à terme et qui concernent la forêt et l’accueil du public. Sachez que nous accompagnons aussi des initiatives plus ponctuelles, celles qui concernent l’accueil du public. Il faut pouvoir accueillir le public ; l’ONF fait des efforts. On travaille avec l’Office du Tourisme du pays de Fontainebleau et on les soutien dans ce projet d’antenne forestière qui a été expérimentée l’année dernière et qui le sera une fois encore cette année ; donc toutes les initiatives qui pourront conforter cette accueil du public au sens large – je pense notamment aux scolaires – et nous avons aussi dernièrement soutenu le projet d’une maison d’accueil à Franchard avec la restauration de l’Auberge de Franchard par le Conseil Général. Nous allons faire les modifications nécessaires au POS de Fontainebleau pour permettre une réhabilitation de l’accueil à Franchard et la restauration des bâtiments aujourd’hui fortement dégradés. Ces initiatives sont là pour montrer que la Forêt de Fontainebleau est pour notre territoire un élément d’attractivité fort, à condition que l’on sache avec l’ensemble des partenaires en organiser l’accueil, la gestion, la communication et la médiatisation.
Donc Monsieur le Président, merci de m’avoir permis pour cette première visite cette prise de parole devant votre association mais j’espère – je ne sais pas si je serai encore maire dans 36 ans - ! Je n’ai pas parlé des gens du voyage mais je garde cette question pour éventuellement ma 36ème intervention !! – que l’on puisse ensemble mener ensemble un travail de fond et sur le long terme. Je vous remercie.
Le Président : Merci Monsieur le Maire. Je voudrais revenir sur le sujet des lisières. Vous savez que, concernant les forêts, C’est un sujet très important pour la vie et l’équilibre de la forêt. En principe, sur 100 mètres, toute construction est interdite. Et c’est à cet endroit qu’on constate le plus de petites dégradations de la forêt.
Intervention de monsieur Bauchard : J’aurais voulu soulever un point, Monsieur le Préfet, qui n’est pas propre d’ailleurs à la région de Fontainebleau. J’ai une maison dans un village de la périphérie de la forêt depuis une quarantaine d’années. Beaucoup d’habitations se sont construites, avec des habitants d’origine parisiens qui habitent là de façon permanente dont certains d’ailleurs continuent d’aller travailler d’ailleurs jusqu’à Paris. Cette évolution qui marque la région de Fontainebleau constitue un phénomène général qui doit concerné dans un rayon de 70 km autour de Paris. Est-ce que le SDRIF va prendre en considération cette évolution et quelles sont les idées qui se dégagent à ce sujet ?
Le Préfet : Je ne peux pas vous donner encore les résultats des réflexions sur le SDRIF mais le problème est bien connu, pas simplement en Seine-et-marne – c’est également le cas à l’ouest de l’IDF - mais en tous les cas plus particulièrement en Seine-et-marne. Il y a effectivement une arrivée plus important de nouveaux habitants qui viennent habiter notamment en zones rurales et qui travaillent ailleurs. Cela engendre plusieurs problèmes en terme de vie quotidienne dans la commune par le manque d’écoles, etc. mais le problème le plus important est celui de la circulation automobile car généralement ces personnes possèdent une sinon deux voitures, puisque le mari travaille et la femme, bien souvent, travaille aussi. Et le seul moyen de déplacement est la voiture dans des communes non desservies par des moyens de communication publics. En tous les cas, je vous confirme Monsieur Bauchard que le phénomène est tout aussi connu sur la frange est de la Seine-et-marne que le sud de l’Essonne ou l’ouest des Yvelines ou encore le val d’Oise.
Le Président : Je comprends que la population du pays de Fontainebleau aura tendance à augmenter dans les années qui viennent ? Ce qui aura des conséquences sur l’accueil du public car il y aura de plus en plus de gens qui viendront se promener en forêt.
Le Préfet : les hypothèses démographiques des SDRIF successifs ont toujours été démentis, soit parce qu’elles étaient minimisées, soit le contraire. Donc, dans le nouveau SDRIF, il va y avoir des hypothèses démographiques. Il y a un pari à prendre. Si l’on parle d’attractivité, on parle d’emplois et donc vraisemblablement d’habitants supplémentaires. Si nous voulons que l’IDF soit une région économiquement prospère qui continue à se développer, à nous permettre de faire fonctionner les services publics, il y a un besoin d’activités. La région IDF est économiquement forte mais qui a besoin de maintenir sa prospérité. Mais démographiquement, le « couteau sous la gorge », je suis incapable de vous dire ce qu’il en sera dans 20 ans et quel sera l’avenir de franges rurales en périphéries franciliennes.
Une question dans la salle : Une question sur la circulation apaisée. Maintenant, les routes sont affectées au département. Qu’en est-il de la réglementation, parce qu’il y a deux manières d’agir. Vous avez parlé bien sur des infrastructures, c’est-à-dire des travaux qui seraient planifiés dans le cadre du SDRIF. Mais il y également la réglementation. Est-ce que cela relève-t-il toujours de la Direction Départementale de l’Equipement ? Et, à l’attention du Président, qu’en est-il du report du trafic de poids lourds notamment depuis l’année dernière avec les réglementations de vitesse en forêt de Fontainebleau et les aménagements de rétrécissement de chaussées et d’aménagement de ronds-points ?
Le Préfet : La répartition des rôles sur les routes transférés au département n’a rien changé au pouvoir de police du maire dans les agglomérations et du préfet hors agglomérations.
Le Président : Il n’y a pas eu de progrès en terme de trafic. Vous savez que notre objectif est d’obtenir qu’en Forêt de Fontainebleau, on roule moins vite. Il y a effectivement la méthode qui avance à ce jour péniblement, c’est la méthode des aménagements dans la cadre de la circulation apaisée : de nouveaux carrefours, des passages de 3 à 2 voies sur certains tronçons, obligeant les voitures à rouler à la vitesse de celle qui roule le moins vite. On arrive petit à petit à avoir quelques résultats mais globalement il reste des endroits où il n’y a pas d’autre méthode que d’imposer du 70 km/h.. et là je dois dire que les préfets successifs - depuis que je m’occupe de l’association, j’en ai connu trois – tous les trois ont dit être d’accord sur le principe mais sans pour autant passer à l’acte, notamment sur un endroit qui nous semble important,à savoir la route Ronde qui va de la table du Roi au Carrefour du Grand Veneur, les poids lourds traversent ainsi la forêt en diagonale à partir de Melun pour rejoindre Nemours ; trafic qui se reporte d’ailleurs sur Fontainebleau notamment sur le Boulevard de Constance. Toujours est il que nous n’arrivons pas à obtenir cette limitation.
Une question dans la salle : qu’en est-il de l’éventuelle gratuité de l’autoroute dont le péage serait repoussé plus loin ?
Le Président : Effectivement, il y a un autre élément qui intervient pour les poids lourds : le péage sur l’A6 au nord de la forêt de Fontainebleau n’incite pas les camions à emprunter l’autoroute. Mais il ne s’agit dans ce problème que d’une question de coût financier. Si l’on arrive à octroyer une compensation financière aux sociétés d’autoroute, la question serait résolue. Mais cela coûterait une fortune.
S’il n’y a plus de question, puis-je vous demander de conclure Monsieur le Préfet ?
Conclusion de Monsieur Landrieu, Préfet de Région :
Mais comment conclure autrement que de redire que je remercie à nouveau Denis Bauchard d’avoir été votre porte-parole pour me proposer d’être parmi vous aujourd’hui, de vous dire que même si c’est la première fois que nous nous rencontrons, je connais l’importance de votre association et de son partenariat avec l’ensemble des autorités et que je m’en réjouis. Enfin, vous remercier, parce que être préfet de région c’est venir voir les gens chez eux, et c’est de cela surtout que je vous remercie.
Le Président : Encore une fois merci Monsieur le Préfet. Nous avons été très honoré que vous vous déplaciez jusqu’à Moret et de vous accueillir pour parler de la Forêt de Fontainebleau.