Compte rendu de l’Assemblée générale tenue le 7 juin 2008
à 10 heures dans la Salle de la Belle Cheminée du château de Fontainebleau.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Mesdames, Messieurs, Chers Amis de la Forêt, Bonjour et bienvenue à tous.
Notre réunion de ce matin se déroule en deux temps. Nous allons d'abord tenir notre Assemblée générale statutaire habituelle et faire le point sur différents sujets d’actualité. Nous écouterons ensuite nos invités d'honneur M.François Letourneux, Président du Comité français de l’UICN, puis M.Arnaud Collin Conseiller principal de la Directrice Générale de l’UICN.
Sans attendre M. le Préfet Michel Guillot qui nous rejoindra plus tard, je déclare donc ouverte notre Assemblée Générale de l’an 1 du deuxième centenaire de notre Association et je voudrais tout de suite saluer les personnalités qui ont bien voulu accepter d’être parmi nous aujourd'hui et en particulier:
M. Jean François Robinet, Conseiller général de Seine-et-Marne, toujours très aimablement à l'écoute des Amis de la Forêt,
M. Frédéric Valletoux, Maire de Fontainebleau, que je remercie pour son soutien et celui de la mairie dans les actions que nous entreprenons en particulier auprès du public quant à la protection de la forêt.
M. François Bland, Nouveau Directeur de l'ONF pour les régions Ile de France, Nord-Ouest et Bellifontain puisque vous avez établi vos bureaux boulevard de Constances. Nous sommes très heureux de vous accueillir à notre Assemblée.
M. François Virely, nouveau Directeur départemental de l'ONF, déjà bien connu des AFF que je remercie pour la qualité de nos relations
M. Daniel Bascoul, Directeur général des routes au Conseil Général. Nous apprécions vivement votre présence alors que votre Direction est maintenant en charge de toutes les routes du département, y compris les nationales, et je salue spécialement à vos cotés M. Lashermes, car depuis des années, vous venez régulièrement à nos assemblées pour nous présenter l’avancement des travaux de la circulation apaisée en forêt dont vous êtes un brillant artisan ; nous vous en remercions.
M. Philippe Schwab Président de l’Office de Tourisme et Président des Amis du château. Vous savez que nous appuyons pleinement votre action au Centre d’Information Forestier qui participe à une plus grande osmose entre forêt, château et ville.
Merci aux Maires ici présents, aux conseillers municipaux et à tous les représentants des communes limitrophes du massif qui sont là aujourd'hui et qui accordent fidèlement leur soutien à notre Association.
Mais j'ai à présenter les excuses de ceux qui n'ont pu être des nôtres aujourd'hui : Mme Rambaud, Conservatrice générale du patrimoine, Mme Halley des Fontaines Sous Directrice de la forêt et du bois au Ministère de l’Agriculture, Mme Guilmault, Directrice du PNR Fontainebleau/Gâtinais, M Fétrot, nouveau Sous préfet de Fontainebleau, M Maus, Conseiller d’Etat M Eblé, Président du Conseil Général, M.Julia, député de Seine-et-Marne, M. Hyest Sénateur et conseiller général de Seine-et-Marne, M Notari, Directeur du domaine national de Fontainebleau, M. Drège Directeur général de l'ONFM Hubert, Directeur de la DIREN, Direction Régionale de l’Environnement, M de Guibert, Directeur général adjoint au Conseil Général
Sans tarder je demande à notre secrétaire général M. Fabrice Chevallier e vous présenter le rapport d'activité de notre Association en 2007.
Présentation du Rapport d’activité pour l’exercice 2007 (Fabrice Chevallier – Secrétaire Gal des AFF)
I – Activités initiées par le Conseil d’Administration :
Pour cette année 2007, les membres du Conseil d’Administration ont été principalement mobilisés par la commémoration du Centenaire de la création de l’association, inscrite dans le cadre de l’opération « 2007, l’année de la forêt » qui a fédérée de nombreuses initiatives et notamment :
-une grande exposition intitulée « Fontainebleau, un atelier grandeur nature » du 6 mars au 30 mai 2007, organisée par le Musée d’Orsay, qui réunissait les œuvres des peintres et photographes, de Corot à Picasso,
-une exposition organisée par la Château de Fontainebleau, intitulée « Fontainebleau, son château, sa forêt, l’invention du tourisme au 19-20ème siècle ».
Les AFF organisaient la commémoration du centenaire autour des manifestations suivantes :
-un colloque sur le réchauffement climatique et ses effets sur la forêt, qui s’est déroulé le 22 septembre 2007 dans l’enceinte de l’INSEAD de Fontainebleau..
-« La Fête de la Forêt », le 22 et 23 septembre, grande manifestation qui clôturait avec succès ce Centenaire, en accueillant à l’Hippodrome du Grand Parquet de Fontainebleau 6 000 visiteurs. Avec 1 000m2 d’expositions et de nombreuses animations.
Durant cette année 2007, le Conseil a également suivi les dossiers suivants :
-Le Projet Progress quant à la politique globale d’accueil du public dans le massif forestier
-Le projet d’attribution à la Forêt de Fontainebleau du Label « Forêt Patrimoine ». Ce label, créée par l’ONF, est attribué à certaines forêts reconnues pour leurs valeurs patrimoniales et engagées dans un projet spécifique de gestion durable concertée. En 2007, la Forêt de Fontainebleau a été choisi comme un des sites pilote, suite logique de la dynamique engagée avec le Projet européen Interreg
Dans le cadre justement de la politique d’accueil du public, le CA a fait remonter à l’ONF un certains nombres d’observation, concernant notamment : les dégradations entraînées par les exploitations de coupes et la signalétique en forêt (le surbalisage).
Dans le cadre du projet européen INTERREG, sur les stratégies d’accueil du public en forêt, un Comité restreint de réflexion a été constitué courant d’année, rassemblant l’ONF, les AFF, l’Office du Tourisme de Fontainebleau, les Comités Départementaux du Tourisme de Seine-et-Marne et de l’Essonne et la Communauté d’agglomération Melun-Val-de-Seine, quant à la création d’une ‘Carte de Loisirs’, baptisée « Pays de Fontainebleau : un site protégé à découvrir en famille », parue au cours du second semestre 2007.
Le CA a organisé son Assemblée Générale le 23 juin 2007 au Château de Fontainebleau et la réunion annuelle des nouveaux adhérents le 27/01/2007.
Enfin, des administrateurs ont représenté les AFF dans différentes instances et réunions locales, départementales et régionales.
II – Activités de protection et d’entretien du massif forestier :
Les membres de la Commission Terrain ont, comme chaque année, entretenu les 300 km de sentiers de promenade dont les « Sentiers Bleus Denecourt – Colinet » ainsi que le circuit des « 25 Bosses » du Massif des Trois-Pignons.
Dans le cadre d’une reprise du marché national du bois, cette commission a suivi les ventes de bois pratiquées en Forêt de Fontainebleau, ainsi que le plan de chasse.
Elle a également suivi :
-les travaux d’accessibilité et d’anti-érosion menée à La Roche Qui Pleure, sur le site de Franchard, ainsi que le projet de réhabilitation de l’Auberge de Franchard, les travaux de restauration menés par l’ONF aux abords de la Tour Denecourt, le dossier d’accès au public de la Réserve Biologique Dirigée de Chanfroy et a participé avec l’ONF à la remise en place de la Borne N°1.
-La Commission Terrain a proposé à l’ONF la création de 2 boucles sur le Sentier N°9, aux abords de la D607 (ex RN7) afin de remédier à la dangerosité de la traversée de cet axe de circulation
Dans le cadre de la Commission Erosion, le géologue Daniel Obert a remis à l’ONF courant d’année 2007 un état des lieux complet de l’ensemble des Sentiers Bleus Denecourt-Colinet.
Enfin, la Commission Arbres Remarquables a édité la 3ème mise à jour de l’inventaire des Arbres remarquables. Est également parue la publication « L’Histoire du Bornage en Forêt de Fontainebleau » (Pierre Graber).
III – Les activités à visée éducative :
Comme chaque année les AFF ont organisé un certains nombres d’expositions, notamment une conférence a également été organisée à Gretz-s/Loing sur le thème de la cartographie de la Forêt de Fontainebleau.
Un Programme de 17 sorties forestières, élaboré par Ghislaine Beaux a été assuré du 14 janvier au 25 novembre 2007.
Concernant les publications, sont parus durant l’année 2007 le N° Spécial de la Voix de la Forêt intitulé « 2007, l’année du Centenaire », proposant un rappel historique de l’association et des grandes figures qui ont marqué son évolution, et offrant un Cahier Central sur le Centenaire.
Enfin, toujours dans le cadre de la célébration du Centenaire, une Médaille a été émise suite à un concours initié par la Monnaie de Paris.
Présentation du Rapport financier de l’exercice 2007 (Grégoire Lewandowski – Trésorier) :
L’exercice 2007 se présente sous un jour assez inhabituel en raison de l’anniversaire du centenaire de notre association que nous avons tenu à marquer de façon exceptionnelle.
Dans le compte d’exploitation, le poste « achats » comprend, en dehors des fournitures habituelles (photocopies, papier, enveloppes et autres cartouches d’encre d’imprimante) pour 2800 €, montant du même ordre que lors des exercices précédents, l’achat de la médaille du centenaire à la Monnaie de Paris et les services de la maquettiste ayant réalisé le numéro spécial centenaire de la Voix de la Forêt pour 13000€.
Les services extérieurs représentent le loyer, l’assurance ainsi que les abonnements et cotisations à divers organismes auxquels nous sommes affiliés.
Les autres services extérieurs regroupent les frais postaux et de téléphone pour 2800€, les dépenses liées à l’entretien des sentiers, celles liées aux déplacements et aux manifestations internes telles que l’assemblée générale, la réception d’accueil des nouveaux adhérents ; dans ce chapitre, on trouve surtout les frais de réimpression du guide des sentiers pour près de 16000€.
L’ensemble de ces premiers postes s’élève à la somme de 48000€, montant comparable à celui d’un exercice habituel.
Le montant inscrit en face de « Charges exceptionnelles » correspond à l’ensemble des dépenses engagées au titre de la Fête de la Forêt des 22 et 23 septembre 2007.
Du coté des produits, le montant des ventes est majoritairement constitué par le guide des sentiers.
Les subventions d’exploitation regroupent celles reçues de la part de la Région, du Département, de la municipalité de Fontainebleau ainsi que d’autres communes des environs de la forêt et je saisi une nouvelle fois cette occasion pour leur adresser mes plus vifs remerciements pour le soutien qu’ils continent à prodiguer à notre association.
Le montant des cotisations est stable car le nombre des nouveaux adhérents arrive encore à compenser celui des défections inévitables, qui sont parfois provisoires.
Le montant relativement élevé des produits financiers est du au placement temporaire de certaines recettes exceptionnelles.
Les dons reçus tant de la part d’entreprises privées que de particuliers auxquels j’adresse également tous mes remerciements nous ont permis non seulement d’assurer le financement de nos actions de la célébration du Centenaire mais aussi, compte tenu du résultat excédentaire de cet exercice, de prévoir, avec l’ONF, une opération de reboisement dans une parcelle de la forêt.
Nous vous avons remis également le budget prévisionnel 2008 dont les chiffres retrouvent ceux d’une activité habituelle des AFF, à part le montant inscrit à la rubrique « charges exceptionnelles » de 40000€, dévolu à l’opération de reboisement que j’ai évoqué il y a un instant.
Je vous remercie de m’avoir prêté votre attention et suis prêt à vous fournir d’autres précisions.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Le débat est ouvert si quelqu’un souhaite prendre la parole …..
Je vous présente les résolutions
PREMIERE RESOLUTION Quitus pour la gestion 2007
L’Assemblée Générale, après avoir entendu le rapport d’activités et le rapport du trésorier, approuve les comptes tels qu’ils lui sont présentés et donne quitus au Conseil de sa gestion pour l’exercice 2007.
Résolution adoptée à l’unanimité.
A cette occasion, votre Conseil d’Administration tient à remercier Grégoire Lewandowski, et Fabrice Chevallier pour le dévouement et la compétence dont ils font preuve dans leur fonction de Trésorier et de Secrétaire général.
DEUXIEME RESOLUTION Renouvellement du Mandat de deux Administrateurs
Les mandats d'administrateur de Madame Ghyslaine Beaux et de M Oleg Sokolsky viennent à expiration cette année. Ils sont candidats au renouvellement de leurs mandats sous réserve de l'approbation de la présente Assemblée Générale.
Le Conseil d'Administration soumet à votre ratification la reconduction, pour quatre ans, de leur mandat conformément à l'article 7 des statuts de l'Association.
« L’Assemblée Générale ratifie le renouvellement des mandats d ‘Administrateurs, proposés au Conseil d’administration du 26 avril 2008, de Madame Ghyslaine BEAUX et de Monsieur Oleg SOKOLSKY, jusqu’à l’issue de l’Assemblée générale qui statuera sur les comptes de l’exercice 2011 ».
Résolution adoptée à l’unanimité
TROISIEME RESOLUTION Nomination de nouveaux Administrateurs
Depuis la dernière Assemblée générale votre Conseil a coopté, le 2 février dernier, Monsieur Gérard Tendron, ingénieur en chef du GREF. Le Conseil a aussi coopté M. Jean Claude Taupin, adhérent de longue date à l’Association, très impliqué dans toutes les activités de l’Association, a grandement contribué au succès de le Fête de la Forêt l’an passé.
La cooptation de ces Administrateurs est soumise, conformément à l'article 7 des statuts, à la ratification de la présente Assemblée Générale. En cas de ratification, leur mandat viendra à expiration le 30 juin 2010.
Je vous propose de ratifier leur cooptation
« L’Assemblée Générale ratifie la cooptation, par le Conseil d’administration du 2 février 2008, de Messieurs Gérard TENDRON et Jean Claude TAUPIN, en qualité de nouvel Administrateur, jusqu’à l’issue de l’Assemblée générale qui statuera sur les comptes de l’exercice 2011 ».
Résolution adoptée à l’unanimité
QUATRIEME RESOLUTION RUP (Reconnaissance d’Utilité Publique)
Pour que notre association soit reconnue d’utilité publique et avant d’aborder les sujets d’actualités, je dois revenir cette année encore sur les modifications à apporter à nos statuts pour qu’ils soient conformes aux statuts types.
Comme vous pouvez le constater sur le texte qui vous a été remis les modifications demandées par le Ministère de l’Intérieur ne sont pas très importantes. Seule celle concernant le bureau de l’association mérite une explication : en effet, le nombre des membres du bureau ne doit pas dépasser le tiers des membres du conseil d’administration. Le bureau étant composé de 7 membres le CA doit compter un minimum de 21 administrateurs d’où la modification demandée.
Pour délibérer sur une modification de statuts l’Assemblée doit se composer d’un quart au moins des membres en exercice, ce qui est le cas aujourd’hui et nous permet de voter valablement.
Personne ne demande la parole ? Je vous soumets la résolution suivante :
« L’Assemblée générale approuve les modifications des statuts qui lui sont proposées :
Article 7 : - lire « L'Association est administrée par un Conseil dont le nombre des membres, fixé par délibération de l'Assemblée Générale, est compris entre 21 membres au moins et 24 membres au plus »
- ajouter après le deuxième alinéa : « chaque membre ne peut détenir plus d’un pouvoir ».
- ajouter après « un bureau………… d’un trésorier adjoint » « l’effectif du bureau ne pouvant excéder le tiers de l’effectif du conseil »…
Ainsi que les modifications nécessaires apportées aux articles 8-13-14-17-18-19-21-23 et 24.
Revenons à l’actualité de 2008 :
Les plantations de chênes.
Je vous rappelle une motion votée l’an passée :
« L’assemblée générale exprime sa profonde reconnaissance à Mademoiselle Rebois pour sa donation généreuse faite au profit de l’Association. Selon le souhait de la donatrice, le produit de cette donation sera affecté, en particulier, au financement d’une plantation de chênes dans la forêt domaniale de Fontainebleau.
La violente tempête de 1999 avait fait tomber la plupart des magnifiques chênes du Canton de Saint Hérem ; grâce au don, notre Association a la satisfaction de pouvoir participer à la rénovation de ce canton en finançant la plantation de 18000 chênes et de 2000 fruitiers sur les 14 hectares de la parcelle 79 (située sur la route ronde près du carrefour de la Croix de Saint Hérem.)
C’est pour marquer cet évènement que le 30 mai dernier se sont réunis sur place, en présence de la donatrice, membre de notre Association, des représentants de l’ONF et des AFF pour découvrir une plaque qui rappellera la participation de l’association aux plantations du canton St Hérem.
La Voix de la Forêt
Depuis 8 ans ; François Beau assure avec beaucoup de talent et de travail la rédaction de la Voix de la Forêt. Il souhaite ne plus assurer cette tache très contraignante ce qui est bien normal Nous le remercions vraiment très sincèrement, pour s’être si longtemps investi pour que la Voix de la Forêt reste une revue de qualité, de référence.
Un comité de rédaction, animé par Denis Bauchard, a été mis en place. Pour des raisons de coût, et d’efficacité, un bulletin dénommé « La feuille Verte, supplément à La Voix de la Forêt » sera ainsi envoyé électroniquement trois fois par an : il sera consacré essentiellement à la publication d’informations pratiques concernant la forêt et la vie de l’Association. Sera maintenue la publication, une fois par an, en début d’année, de la revue selon sa présentation traditionnelle (40 pages). Elle sera essentiellement consacrée à des articles de fond sur les différents aspects de la vie de la forêt et au compte rendu de l’assemblée générale annuelle.
Les rubriques sont confiées à des membres du conseil de rédaction selon le schéma suivant : Foresterie avec Gérard Tendron, Vie culturelle avec Jean Claude Polton, Nature avec François Beaux, Lieux de mémoire avec Michel Deslandres, Réalisation technique avec Juhel Puiforcat qui coordonnera le processus d’intégration des articles, et d’impression (pour la version papier) ou de diffusion (pour le bulletin).
Mises en œuvre à compter du 1er septembre 2008.
Exposition et manifestations
Gérard Vallée, qui nous a ravis depuis de nombreuses années par ses remarquables expositions, a demandé à être remplacé ; c’est pourquoi nous avons joint aux convocations pour cette assemblée un appel à candidature d’un responsable Exposition et manifestations
Nous avons néanmoins participé ces derniers week-ends aux Naturiales et au Forum des associations.
Commission adhérents
Enfin nous avons créé une Commission adhérent, animée par Jean Claude Taupin. L’objectif est évidement d’augmenter et de fidéliser les adhérents.
Certains estimeraient qu’en retour de leur cotisation ils ne reçoivent pas assez de l’Association (hormis la Voix de la Forêt et les promenades thématiques ou les guides)
L’AFF veut être une association de bénévoles passionnés de la forêt ; ce sont les adhérents qui apportent à l’association et à la forêt comme le font par exemple les baliseurs.
La production de bois
Vous avez encore été un certain nombre cette année à nous faire part de votre irritation devant les coupes réalisées ces derniers temps qui apparaissent plus importantes qu’autrefois. Il est de fait que le volume des coupes a augmenté ces dernières années, nous en avions longuement débattu il y a 2 ans. On collecte, nous dit-on, en moyenne dans la forêt de Fontainebleau 60 à 65% de la croissance biologique des arbres, il y a donc une certaine marge.
D’autre part beaucoup s’insurgent sur l’état dans lequel les entreprises forestières laissent le terrain après les coupes (présence surabondante de rémanents, de chemins défoncés par les engins mécaniques, de barrières laissées régulièrement ouvertes). Je laisse la parole aux représentants de l’ONF, s’ils veulent bien intervenir.
Intervention de M. Virely, Directeur de l’Agence Interdépartementale de Fontainebleau :
Bonjour, Mesdames, Messieurs. J’en profite pour me présenter : François Virely, nouveau Directeur des Forêts à Fontainebleau. J’ai pris mes fonctions au 1er novembre 2007. Monsieur le Président, vous avez déjà apporté certains éléments de réponse. La réaction des gens tient-elle à l’intensité des coupes ? A leur localisation ? Ou à la façon dont elles sont conduites ? Je répondrai : certainement, un peu des trois.
Au niveau de l’intensité des coupes. Vous nous avez donné quelques chiffres. Au moment de la révision d’aménagement en 1996, la production biologique annuelle de la forêt avait été estimée à 88 000 m3 / an. Le document d’aménagement prévoit, lui, une récolte de 62 000 m3 / an. Je fais l’impasse des périodes de tempêtes et post-tempêtes, où s’est créé un décalage dans ce sens où les coupes ont été stoppées durant quelques années sans que n’ait pu être rattrapé le retard engendré puisque nous avons alors repris le rythme de 62 000 m3 / an. Donc, pour la période 2003-2008, nous sommes bien sur ce cap, avec une régularité sur 2003-2006, puis effectivement une petite augmentation en 2007, d’ailleurs compensé. Ce qui fait qu’aujourd’hui, en 2008,(je précise que les années de récolte ne sont pas les années civiles (l’année 2008 correspond à ce qui est martelé entre le 1er septembre et l’été suivant)), nous sommes en dessous des chiffres de 2007 et dans tous les cas les chiffres restent aux alentours de 62 000 m3 / an. Une forêt stable est une forêt qu’on entretient. Si demain, des phénomènes de déficits hydriques apparaissent pendant les périodes de végétation, il faut que la forêt soit en bonne santé. Et pour avoir une forêt en bonne santé, il faut que ce soit une forêt dans laquelle on intervient pour que les peuplements soient dans les meilleures conditions biologiques, c’est-à-dire un enracinement au sol qui soit de bonne qualité ainsi qu’une concurrence vis-à-vis de la consommation en eau qui ne soit pas trop élevée, consommation qui dépend en grande partie de la surface foliaire ; donc il importe qu’on pratique des éclaircies de façon à ne pas avoir une densité trop forte et que le partage des eaux se fasse le mieux possible.
Ensuite, est-ce une question de localisation ? Le plan d’aménagement a essayé de faire en sorte que les coupes soient aussi bien réparties que possible ; il peut néanmoins arriver qu’une année un canton soit un peu plus marqué et lorsqu’il s’agit de coupes en bordure de ville, comme ce fut le cas en 2007, évidemment l’impact paysager se marque davantage, ce qui engendre des réactions. Pour les périmètres de Fontainebleau, les interventions qui ont été menées en 2007 répondaient à deux objectifs :
-un objectif de renouvellement ;
-un objectif de sécurité avec effectivement quelques sites de dépérissement.
Troisième facteur : la façon dont on conduit les opérations. Les exploitations se déroulent sur une assez longue période, période qu’on essaye de raccourcir mais ce qui nous vaut parfois de nous faire piéger en annonçant qu’on ne mobilisera les bois que sur une période de trois mois de chantier. Il suffit que la météo soit un peu capricieuse. Encore qu’à Fontainebleau, la portance des sols est d’assez bonne qualité et permet une circulation dans de bonnes conditions. En début et fin 2007, les opérations d’exploitation se sont passées assez rapidement mais après, les phases de sous-traitance ont pris plus de temps, car nous faisons alors appel à des sous-traitants, sans doute trop nombreux.
Intervention de Monsieur Jean-François Robinet, Conseiller Général de Seine-et-Marne
Oui, je voudrais simplement apporter un élément complémentaire et faire une remarque à Monsieur Virely, parce que, effectivement, certains disent qu’on laisse pourrir sur place des troncs d’arbres, etc. Il faut avouer que ce n’est pas esthétique et cela d’autant plus que dans d’autres endroits, l’ONF soigne le paysage au point qu’on se croirait dans un parc ; je parle notamment du quartier de la Bonne Dame. Lorsqu’on voit le traitement qui est pratiqué dans certains endroits, je crois que cela est aussi mené dans un souci de rentabilité. C’était autrefois le langage de l’association des AFF qui a mis depuis un peu d’eau dans son vin ; il y avait parmi les membres des gens peut-être un peu plus extrémistes, avec des propos et positions plus affirmés que ceux que vous avez tenus, Monsieur le Président, quant à la rentabilité recherchée par l’ONF sur certaines coupes. Dans ce quartier de la Bonne Dame, la population a été très émue et on l’est à chaque fois qu’on passe, car ce lieu ressemble maintenant un peu plus au Bois de Vincennes et moins à la Forêt de Fontainebleau.
Intervention de M. Virely, Directeur de l’Agence Interdépartementale de Fontainebleau :
Dans les parcelles où on intervient, notre démarche initiale est une démarche de sylviculteur. A Fontainebleau encore plus qu’ailleurs, ce qui nous tient à cœur, c’est d’assurer la pérennité et le renouvellement des peuplements. Et, à un moment donné, il faut engager ce qu’on appelle le processus de régénération de façon, et en particulier pour le chêne, à ce que les semis qui ne peuvent pas se débrouiller tout seul contre la concurrence puissent se développer. Nous ne savons pas le faire sans enlever les « parents » qui sont au-dessus des semis, notamment pour le chêne sessile qui est une essence de lumière. Dans les zones où on veut absolument renouveler, un moment donné, il faut faire le choix, qui est difficile mais incontournable, d’enlever les semenciers. Et cet acte là, n’est pas un acte économique, c’est un acte de sylviculteur. Ce qui n’exclut pas que le sylviculteur, qui est aussi un gestionnaire, valorise ses produits. Ce revenu sert, certes à payer le personnel de l’établissement public qu’est l’ONF, mais aussi permet de financer les travaux d’entretien de la forêt, et non seulement les travaux sylvicoles, mais également pour mener les actions par exemple en faveur de la biodiversité, de l’accueil du public. Alors même si l’activité de l’ONF est soutenue sur certains champs d’intervention par l’Etat au travers de la DIREN ou par les collectivités territoriales, comme le Conseil Général, pour la politique d’accueil du public, vous vous en doutez, la Forêt de Fontainebleau est une forêt à lourdes charges financières ; aussi, tirer partie des produits de qualité de cette forêt pour assurer sa pérennité et son renouvellement, pourrait être défini comme une acte de gestion raisonnable.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Merci, Monsieur Virely. Je crois que nous venons d’assister à un cours de sylviculture très complet. Nous pourrions voter une motion pour dire que les AFF demandent notamment à l’ONF de veiller à la qualité des interventions des entreprises qui exécutent les coupes de bois et que ces coupes se fassent dans le respect des paysages et des sites.
La circulation apaisée
Je voudrais à présent parler une fois encore de la question de la « circulation apaisée ». Les premiers projets datent de 1999 et ont commencé à prendre corps lors de l’intervention, à notre AG de 2001 du Directeur des Routes de l’époque, Patrick Gandil. J’ai compris qu’on en verrait presque le bout en 2009. Toujours est-il qu’on voit aujourd’hui, quand même des résultats avec la création de nombreux carrefours giratoires. Reconnaissons, par exemple, que le Carrefour du Grand Veneur est une réussite ; d’autres sont aussi de belles réalisations. Il reste deux aménagements qui nous intéressent particulièrement et je crois qu’ils ont bien engagés : l’aménagement du passage souterrain au Carrefour de Paris et du très dangereux Carrefour de St Hérem. Il restera à aménager deux gros morceaux : le Carrefour de la Table du Roi et à Fontainebleau le Carrefour de la Libération et le Boulevard de Constance.
Ceci étant, ne sont pas réglés pour autant :
- la limitation de la vitesse des véhicules à 70 Km/h sur la Route ronde, en particulier sur le tronçon entre les carrefours de la Table du Roi et de la Croix du Grand Veneur, avec son considérable trafic de camions.
- le transit surtout de Poids Lourds à travers la forêt qui représentait 30% du trafic total, il y a 10 ans et peut-être davantage aujourd’hui.
- la réalisation d’ouvrages spécifiques pour rétablir les continuités biologiques et le passage de la faune.
Si vous voulez, Monsieur Bascoul, apporter quelques précisions sur ces points.
Intervention de M.Bascoul, Directeur Général des Routes au Conseil général.
Merci, Monsieur le Président, je suis donc Daniel Bascoul, nouveau Directeur des Routes au Conseil Général de Seine-et-Marne. Comme Monsieur Virely, je suis en poste depuis le 1 novembre 2007. Je rappelle que désormais, depuis la décentralisation, le Département de Seine-et-marne, comme tous les autres départements, a reçu la responsabilité de gestion et d’entretien, en plus des routes départementales dont il avait déjà la charge, d’un certain nombre de routes nationales et notamment, pour ce qui concerne la Forêt de Fontainebleau, les Nationales 6 et 7 qui sont désormais déclassées en routes départementales. Le réseau routier dans le Massif de Fontainebleau représente 150 km de routes, dont des routes très fréquentées, à caractère historique, comme la N6 et N7 mais aussi la Route Ronde. Il semble effectivement difficile que les poids lourds ne passent pas par ces tronçons car le réseau en Ile-de-France est ainsi fait, il passe ou aboutit, comme on veut, à Fontainebleau. Le trafic a d’ailleurs plus un caractère local, peu national. Le trafic grande distance passe plutôt par les autoroutes A6 et A5. D’ailleurs, nous menons des études plus globales sur la région de Melun et nous allons peut-être relancer une enquête de circulation pour mieux comprendre, justement, les flux de trafic et notamment ceux qui viennent du sud-est et ceux qui, partant de Melun et de Sénart, repartent vers le sud-est en passant par Fontainebleau.
Je confirme également avoir repris ses opérations dites de « conduite apaisée » puisque, à l’initiative de l’Etat, un certain nombre d’études ont été menées et des travaux réalisés. Dans le département de Seine-et-Marne, nous comptabilisions 18 points noirs sur le réseau routier, en termes d’accidentologie, dont 12 dans le Massif de Fontainebleau. Aujourd’hui, grâce aux efforts conjugués de l’Etat et du Département, nous n’en sommes plus qu’à un seul point noir dans le massif : il s’agit du carrefour de la Libération à Fontainebleau.
Donc, nous allons engager des travaux sur au moins un des trois carrefours cités, c’est-à-dire : la côte du carrefour de Paris, le carrefour de la Croix Saint-Hérem, et un carrefour dont on n’a pas parlé, qui est le Carrefour entre la D607 et la RD50 du côté de Perthes.
Nous passons les deux premiers dossiers à la Commission des Sites fin juin, sous la présidence de Monsieur le Préfet, et ensuite nous engagerons les études plus rationnelles pour des travaux qui, je reste prudent, se dérouleront fin 2009, début 2010. Je vous remercie.
Intervention dans la salle :
J’entretiens un sentier et nous constatons que la majorité des détritus que nous ramassons ne sont pas tant sur les sentiers, mais plutôt sur les parkings et le long des routes. Ne serait-il pas judicieux de mettre en place des poubelles sur les parkings et le long des nationales, à l’entrée des sentiers et, dans ce cas, à qui reviendrait cette responsabilité ?
M.Bascoul, Directeur Général des Routes au Conseil général.
Sur le réseau routier départemental, qui compte 4 400 km de routes dont 350 d’ex-routes nationales déclassées et transférées au Département, il est du ressort du département d’entretenir et d’assurer la propreté du bord des routes. En Forêt de Fontainebleau, nous avons un dispositif particulier puisque nous avons conclu un partenariat avec l’ONF qui est chargé d’entretenir les lisières de forêt le long des routes. Alors, mettre des poubelles, c’est effectivement une bonne suggestion. Ensuite, il faudrait voir si l’ONF aurait les moyens pour ramasser les poubelles régulièrement, parce que mettre des poubelles, c’est aussi inciter les gens à déposer leurs ordures. Fontainebleau est traversé par des usagers qui rentrent de week-end et, phénomène bien connu, qui déposent leurs déchets dans les poubelles le long des nationales avant de rentrer sur Paris…
Il a été mené des tas de campagnes pour garder les routes propres ; elles ont souvent eu un effet malheureusement bien modeste. Sous l’action conjointe de l’Etat et du département, nous allons éditer si possible avant les vacances d’été, un petit dépliant sur la sécurité routière en Forêt de Fontainebleau ; nous pourrions effectivement prolonger ce type d’action à une communication plus centrée sur la propreté.
Intervention de M. Virely, Directeur de l’Agence Interdépartementale de Fontainebleau :
Sur ce sujet, il y a effectivement un vrai travail de partenariat avec le Conseil Général et je trouve que c’est une avancée extrêmement positive. Le fait qu’ici, le partenariat a été mis en place, le nettoyage est réalisé par une seule structure, l’ONF, avec un financement du Conseil Général, ce qui fait que l’entretien est bien plus efficace.
Sur l’aspect communication, nous continuerons de travailler avec le Bureau de l’Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau, parce que nous avons, effectivement, pris une autre option : celle de demander aux gens de remporter leurs déchets plutôt que de les déposer dans des poubelles. L’expérience a effectivement montré que plus on mettait de corbeilles, plus on ramassait de déchets ; moins on n’en mettait, moins on ramassait en forêt de détritus et la forêt était pas plus sale pour autant. Par ailleurs, la collecte que nous menons a un gros inconvénient : il s’agit d’une collecte tout venant pour laquelle nous ne pouvons pas pratiquer de tri sélectif derrière. Tandis qu’inciter les gens à remporter leurs déchets chez eux, pour ceux qui ont un tri sélectif dans leur quartier, c’est leur permettre d’effectuer un vrai geste citoyen en triant leurs déchets.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Merci aux différents intervenants. Je voudrais maintenant que nous parlions de l’UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature, avec une présentation de Monsieur Collin, Conseiller principale auprès de la Directrice Générale de l’UICN, Madame Julia Marton-Lefevre.
Arnaud Collin – Conseiller principal auprès de la Direction Générale de l’UICN, chargé des relations extérieures.
Merci, Monsieur le Président et Monsieur le Préfet ; bonjour, Mesdames et messieurs. Je suis donc Armand Collin. Je vais vous expliquer ce qu’est l’association internationale UICN, Union Internationale pour la conservation de la Nature. Je voulais juste vous signaler que le logo de l’UICN vient de changer ainsi que la dénomination puisqu’on ne parle plus de l’Union Mondiale pour la Nature mais maintenant d’Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
Alors la vision de l’UICN, c’est un monde juste qui valorise et conserve la nature. A l’origine, un certain nombre de personnes ont eu une certaine vision de la protection de la nature dans le monde Ces personnes ont ainsi créé cette institution qui constitue aujourd’hui l’alliance mondiale la plus importante qui soit, avec plus de 1 000 organisations qui partagent cette vision de l’UICN.
Madame Julia Marton-Lefèvre, à travers cet article paru le mois dernier dans la revue « Terre Sauvage », délivre le message suivant : « A travers l’UICN, mon rôle est de veiller à ce que la voix de la nature soit entendue dans les plus hautes instances internationales ».
Alors, qu’est-ce que l’UICN ?
C’est un réseau de plus de 1 100 membres de 147 pays différents avec pour particularité de regrouper aussi bien des Etats que des grandes ONG internationales, que des ONG nationales, que des Agences Gouvernementales, ainsi que d’autres membres. Ces membres sont soutenus par plus de 1 000 experts scientifiques aujourd’hui, bénévoles, issus de plus de 180 pays, qui travaillent sur six thématiques différentes : la sauvegarde des espèces, les aires protégées, la communication et l’éducation à l’environnement, le droit de l’environnement, les politiques environnementales, économiques et sociales, et enfin la gestion des écosystèmes.
L’UICN cherche à apporter un service à l’ensemble de ses membres, à valoriser et capitaliser l’ensemble des connaissances scientifiques et à animer les échanges entre ses membres et les différents experts scientifiques, ceci à travers le Secrétariat, dont le siège est situé en Suisse, constitué de 1 000 employés à travers le monde, dont la plus grande partie se retrouve dans les 42 Bureaux nationaux et régionaux. Aux côtés du Secrétariat existent des Comités Nationaux, certains régionaux, comme le Comité Français.
Les principaux programmes de l’UICN concernent la biodiversité. C’est le cœur même de la mission de l’UICN ; mais au-delà, les écosystèmes dans leur ensemble, dont les zones humides et les ressources en eau, les forêts, les océans et les littoraux, les espèces menacées. Cela sur des problématiques telles que la gestion durable des ressources naturelles. Cette approche permet : d’associer également la question des espaces protégés, de travailler sur les politiques sociales et économiques, de faire de la communication et de l’éducation à la conservation de la nature ; enfin, de donner des indications et des conseils concernant le droit de l’environnement.
Quelles sont les principales contributions de l’UICN à la conservation de la nature à l’échelle internationale ?
L’UICN a trois grands champs d’action : l’élargissement des connaissances et l’élaboration de stratégies pour la conservation de la nature, le développement des moyens d’action pour la conservation en aidant les acteurs locaux sur le terrain ; l’amélioration de la politique et de la gouvernance en matire de préservation de la nature. La gouvernance est un élément essentiel et l’UICN en est un élément fondamental aux côtés des Etats et des ONG.
Sur le plan spécifique de l’UICN et de la forêt, voyons quelques enjeux et chiffres clefs de la forêt dans le monde. La forêt comprend 50% de la biodiversité dans le monde. Hélas, 200 000 hectares de forêts, notamment tropicales, sont détruits ou dégradés chaque semaine. Cette forêt est liée à 20% des émissions de gaz à effet de serre et enfin 350 millions de personnes dans le monde dépendent de la forêt tropicale pour leur survie. Il faut également constater la perte d’habitats naturels, là encore, particulièrement dans les forêts tropicales humides et les forêts tropicales sèches ; ce qui constitue aujourd’hui des enjeux extrêmement forts. Un autre point important concerne la forêt méditerranéenne qui, déjà avant 1950, a extrêmement souffert en termes de perte d’habitats et constitue aussi un enjeu important à l’échelle mondiale.
Les principales causes de disparition sont notamment la conversion des forêts pour les besoins de l’agriculture et l’exploitation illégale et non durable du bois.
Quelles sont les actions de l’UICN sur cet enjeu ?
L’UICN a bâti une initiative globale sur les forêts qui englobe les forêts tempérées ou boréales et les forêts tropicales. Elle comprend des activités qui interviennent surtout sur les politiques forestières internationales et régionales, sur des thèmes comme celui du changement climatique et les effets sur les écosystèmes forestiers.
Quelles sont les thèmes clefs de cette initiative globale forestière ? L’intégration de la biodiversité dans les politiques et stratégies, la réduction de la pauvreté vis à vis des ressources naturelles et notamment forestières, la gouvernance du foncier, la restauration des paysages forestiers, les marchés et les finances de la filière bois, les changements climatiques et l’adaptation des forêts en conséquence, qui constituera un enjeu fondamental au cours des deux prochaines décennies ?
Voilà une présentation succincte qui je l’espère a été suffisamment claire. Je me tiens à votre disposition pour répondre à toutes questions. Merci Monsieur le Président.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Je vous remercie de cette présentation de l’UICN. Rassurons-nous, la forêt française, elle, au contraire, a tendance à augmenter en superficie puisque, je crois, qu’en 150 ans, elle a doublé de surface. Je rappelle aussi, pour mémoire, que l’UICN a été fondée ici même à Fontainebleau, en 1948, que nous avons fêté son cinquantenaire en 1998 et son soixantenaire cette année et enfin, que les Amis de la Forêts sont membres fondateurs de l’UICN.
Je passe la parole à Monsieur François Letourneux.
Ingénieur du Génie Rural des Eaux et des Forêts. Président du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ancien Directeur du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, ancien Président de l'Institut Français de l'Environnement. C’est dire si votre expérience est grande dans tout ce qui touche aux sujets actuels. Nous sommes très heureux que vous ayez bien voulu nous parler aujourd’hui du Grenelle de l’environnement.
François Letourneux – Président du Comité Français de l’UICN :
Merci beaucoup Monsieur le Président, bonjour à tous. Je voudrais tout d’abord vous dire combien nous apprécions, Comité Français de l’UICN, la collaboration avec votre association. Le Comité Français regroupe l’ensemble des membres français dont deux Ministères, une demie-douzaine de grands établissements publics, dont l’Office Nationale des Forêts et une cinquantaine d’organismes qui œuvrent en France pour la conservation de la nature, dont les AFF, mais aussi WWF, La Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, etc.
Le Grenelle de l’Environnement répond d’une démarche tout à fait innovante qui a conduit à réunir tous les éléments du corps social pour essayer de réfléchir tous ensemble sur l’ensemble des problèmes de l’environnement. Au départ, il ne devait y avoir que trois groupes de travail sur trois problèmes importants : les changements climatiques et l’émission de carbone, la biodiversité (ce qui était original) et la santé et l’environnement. On s’est aperçu qu’on ne traitait pas tout le champ possible et qu’il fallait ajouter d’autres groupes : un concernant la production et la consommation durable, autrement dit l’agriculture ; un concernant la gouvernance. Ces groupes ont été constitués de six collèges : les organisations de protection de la nature, l’Etat, les agents économiques, les collectivités, les syndicats, les experts et personnes qualifiées.
Les groupes ont travaillé dès juin 2008. Les travaux étaient achevés en septembre. J’ai personnellement suivi les travaux du groupe Biodiversité. Je dois dire que bien qu’on ait travaillé très vite, on a pris le temps de se parler, d’échanger. Pour mettre en œuvre tout cela, il était prévu un dispositif comportant 33 « comités opérationnels », consacrés chacun à une des grandes questions du Grenelle et il était prévu des « comités de suivi » dans lesquels des experts extérieurs au dispositif fassent attention à ce que rien ne soit oublié dans les grandes questions à traiter.
Pourquoi n’y avait-il pas d’enjeux majeurs pour le Grenelle concernant la forêt ? Parce que globalement les rapports entre la forêt et l’environnement sont plutôt bons, la forêt en France, vous l’avez dit Monsieur le Président, n’est pas menacée ; au contraire, elle est même inquiétante parce qu’elle s’étend, qu’elle ferme des paysages, qu’elle supprime des milieux tout aussi précieux qu’elle. Ce que je viens de dire est évidemment vrai pour la France, mais n’est absolument pas vrai au niveau mondial. Parmi les manques qui ont été mis très clairement en évidence par le Groupe Biodiversité, il y avait la question de la constitution d’une infrastructure, d’un réseau qu’on a fini par appeler la « trame verte et bleue ». Le principe est simple : il a y des liaisons dans la nature qui s’imposent d’une façon logique, entre parfois des objectifs qui sont contradictoires. Et ceci est d’autant plus important que nous allons connaître dans les décennies à venir, vues les changements climatiques, des migrations climatiques parmi les plantes et les animaux et il faut donc des couloirs, des voies de circulations. Il fallait également réfléchir à ce que menons comme politique en matière d’aires protégées. Dans beaucoup de cas, ont été créées des aires protégées parce qu’il y avait une opportunité locale. On peut dire que la stratégie française en matière de mise en place d’un réseau d’aires protégées est inexistante à ce jour. Les parcs nationaux français se situent tous dans la moitié sud de la France. Et nous avons souligné que nous avions quand même une responsabilité internationale, une responsabilité européenne, que Natura 2000 ne faisait pas tout et qu’il y avait des milieux qui étaient gravement absents, au nord d’une ligne allant de Chambéry à Pau. Et puis, il n’existe pas en France un parc national forestier alors que la France est un des pays européens le plus forestier, alors que la diversité des forêts françaises constitue une richesse considérable. Il n’y a pas non plus de parc de zones humides alors qu’on a souligné abondamment que le grand enjeu écologique concernant les écosystèmes à notre époque est celui des zones humides qui ont des fonctions écologiques considérables mais qui disparaissent à toute vitesse.
Donc, le Grenelle a conclu qu’il était urgent de créer trois parcs nationaux : un parc de forêt, un parc de zones humides et un parc de calanques. En tout cas, il est clair que la France doit définir une stratégie d’aires protégées.
Nous avons, nous, représentants des ONG soulignés que, tant qu’à faire de nouveaux parcs, autant les faire en essayant de réfléchir aux forêts de plaines françaises, possédant la richesse écologique la plus grande, situées dans un secteur dans lequel leur fonction de noyau du réseau écologique était le plus utile et présentant des perspectives de gestion intéressantes. Il s’agit de proposer plusieurs choix. La Forêt de Fontainebleau a des titres éminents. Il existe des partisans, il existe des opposants. D’autres forêts ont d’autres qualités.
Il y a eu au Grenelle d’autres sujets qui concerne le monde forestier : l’un d’eux concerne le rapport entre la gestion forestière et la production. France Environnement représentant les principales associations locales de conservation de la nature signait un protocole d’accord constatant qu’il était possible de produire plus en protégeant mieux. Il était également proposé que les 123 espèces les plus menacées de France, dont un bon nombre est en forêt, fassent l‘objet d’un plan de protection articulé et structuré. La démarche est tout à fait nouvelle et très intéressante : elle consiste à dire qu’on ne peut pas laisser une espèce qui est menacée de disparition sans la suivre et l’observer.
Voilà, en introduction, je vous disais que je n’avais rien à dire sur le Grenelle, j’espère vous l’avoir prouvé. Je vous remercie.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Je vous remercie, M.Letourneux, des précisions que vous avez bien voulu nous apporter. Il ne nous a pas échappé qu’il était prévu de créer en France un Parc National de forêt de plaine. C’est certainement une idée intéressante mais nous sommes comme tous les Français : favorables aux réformes à condition qu’elles ne se fassent pas chez nous. Donc, tout à fait d’accord pour un tel parc national mais pas en Forêt de Fontainebleau.
Intervention dans la salle (Mme Ghyslaine Beaux :
Je suis absolument opposé à l’idée de ce qu’est aujourd’hui la définition juridique et la réglementation applicable aux Parcs Nationaux en France et je crois qu’il serait nécessaire de réformer les statuts des parcs nationaux qui ne sont plus du tout adaptés. Il est très facile de faire un parc national de montagne pour la simple et bonne raison qu’il n’y a ni habitant ou très peu, ni villes ; c’est autre chose à Fontainebleau. Par contre, ce que je trouve très intéressant, ce sont ces couloirs de protection et c’est ce qui se pratique déjà dans le cadre des Réserves Biologiques en forêt.
Intervention de Monsieur Letourneux :
Je crois quand même qu’il faut aussi regarder en dehors de son propre pays, de son propre territoire. La stratégie de la conservation de la nature à l’échelle de la planète réussit lorsqu’il y a un ensemble de points forts, de réservoirs biologiques ; des aires protégées dans lesquelles il y a effectivement un règlement. Donc dire que la protection réglementaire est ennuyeuse… C’est vrai, c’est une contrainte mais concrètement, on observe que pour améliorer la biodiversité, il est utile dans les pays de disposer d’un réseau cohérent d’aires protégées et protégées par des règlements. Nous avons la conviction absolue que cela est fondé et que de nombreux progrès en matière de protection et de biodiversité ont été accomplis grâce à ces aires protégées.
Je partage néanmoins votre avis sur un point : cela est insuffisant. Ca l’était déjà quand la nature était stable — si tant est qu’on puisse parler de stabilité de la nature — mais cela devient vraiment insuffisant dans la mesure où nous ne savons ce qui se trouvera dans 50 ans dans les sites que nous protégeons aujourd’hui. Donc, vous avez raison de dire que la constitution de la trame verte et bleue, de corridors écologiques, de liaisons entre espèces est un enjeu absolument fondamental pour l’avenir.
Je vais être clair : pour nous, UICN, il n’y a pas de choix unique en France quant au site qui constitue la forêt de plaine la plus utile comme référence de biodiversité pour une future trame verte et bleue. Nous ne savons pas où il se situe. Je n’ai pas dit que Fontainebleau est le bon choix. Nous demandons aux forestiers français de nous faire des propositions et différentes hypothèses argumentées. Il y aura ensuite un débat qui donnera lieu à une large consultation auprès des acteurs locaux. Si un parc national est infaisable, il ne se fera pas. Nous ne sommes aujourd’hui qu’au début de la réflexion. Nous avons envie de prendre notre temps et de faire notre choix sur des bases qui associent intérêt pour l’écologie, faisabilité sociologique, politique, administrative, etc. et mettre ainsi toutes les chances de notre côté pour garantir le succès d’un parc national de forêt de plaine.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Merci, Monsieur Letourneux. Monsieur le Préfet, nous sommes très honorés de votre présence à notre Assemblée et apprécions vivement l’intérêt que vous voulez bien porter à notre association. Puis-je vous demander de conclure notre réunion ?
Intervention de Monsieur Michel Guillot – Préfet de Région :
Merci Monsieur le Président, Monsieur le Maire de Fontainebleau, Messieurs les élus, Messieurs les membres de l’association et les personnes imminentes ici présentes. Concernant le parc national, je ne me prononcerai pas, évidemment ; comme l’a expliqué, Monsieur Letourneux, ceci est bien prématuré. Je suis ici en tout cas pour attester qu’à Fontainebleau, les relations partenariales fonctionnent bien entre les acteurs.
Alors, je rends d’abord, bien sur, un hommage aux Amis de la Forêt ; je l’avais déjà fait à l’occasion du centenaire de l’association. Hommage tant sur l’entretien que sur le balisage des sentiers, que sur l’inventaire et la connaissance de la biodiversité de ce massif, que sur les actions de communication et enfin, et c’est peut-être le plus important, que sur le rôle que vous jouez auprès des instances décisionnelles, car c’est là que l’association pèse de toutes ses compétences, ceci notamment au sein de la Commission départementale de la Nature, des Paysages et des Sites et aussi au sein du Comité de Pilotage du Réseau Natura 2000 du massif de Fontainebleau. Le Massif de Fontainebleau a été désigné, je le rappelle, au titre de la Directive Oiseaux et Habitat et donc la décision de la Commission Européenne a aboutit fin 2007. Les deux sites Oiseaux et Habitats concernent 29 communes de Seine-et-Marne et 2 communes de l’Essonne, ceci sur 28 000 hectares. Le document d’objectifs communs aux deux sites a été approuvé par arrêté préfectoral le 12 décembre 2006 et le Président du comité de pilotage sera bientôt désigné.
Deuxième point que je souhaitais aborder concerne les nombreux dossiers abordés au sein du Comité Consultatif Scientifique et des Usagers de la Forêt de Fontainebleau. Tout d’abord, nous en avons parlé, la circulation apaisée. Ce dossier, on peut le dire, est une réussite même s’il y a encore beaucoup de progrès à faire notamment vis-à-vis des nombreux camions qui circulent encore, c’est vrai. Sur les points noirs, je rappellerai qu’en 2000, dans le département de Seine-et-Marne, il était répertorié 200 morts sur les routes par an. En 2007, 86 ; 86 de trop bien sur, mais je crois, quand même, que les efforts partagés sur les infrastructures, les progrès en matière de constructions automobiles, portent leurs fruits. Dans ce comité, nous avons également abordé tous les chantiers menés par l’ONF avec la mise en place du schéma de gestion durable d’accueil du public, dans le cadre du programme européen Progress, la création d’un label de « Forêt patrimoine » en 2007, qui a vu, le 11 février 2008, la création d’un comité de pilotage et la validation d’un protocole d’accord, en vue de la signature de la charte nationale. Un plan d’action va ainsi être mis en œuvre pour labellisation en 2011.
Je rappellerai que les orientations stratégiques qui ont été évoquées par l’ONF, dans ce protocole d’accord, correspondent parfaitement aux orientations de votre association, Monsieur le Président, à savoir : promouvoir l’identité patrimoniale du massif, favoriser le partage des espaces entre les différents usagers de la forêt, préserver le massif en assurant une protection du patrimoine écologique et assurer un lien durable entre la forêt et les différents acteurs qui y sont impliqués.
Autre dossier abordé : le classement de la forêt en forêt de protection. C’est en 2002, par Décret ministériel, qu’à été classé la Forêt de Fontainebleau en forêt de protection car on pensait que les mesures de protection en œuvre ne permettaient pas d’empêcher complètement la poursuite des menaces qui pesaient sur le massif. Je rappelle que la Forêt de Fontainebleau appartient au domaine public de l’Etat, ce qui garantie la pérennité foncière avec un plan d ‘aménagement sur 20 ans ; que la forêt est classée en site boisé à préserver au titre du Code de l’Urbanisme. Le statut de forêt de protection marque un progrès décisif. Votre association a suivi attentivement toutes les étapes de ce dossier, notamment comme membre de la Commission Départementale de l’Agriculture, des Paysages et des Sites où vous avez là encore, bien assuré votre fonction de veille.
Alors, pour conclure, j’aimerai simplement, poser une question essentielle pour tous les membres de l’association. Qu’y a-t-il en commun entre un balbuzard pêcheur, des (drometalla erecti), un (génépirus globulis), un homo sapiens sapiens ? Est-ce un simple inventaire à la Prévert, est-ce une question pédante pour épater par ses connaissances, est-ce une simple chute d’un discours déjà trop long ? Non. Plus profondément et plus directement, c’est le quasi-miracle d’une cohabitation fragile, précaire, à l’équilibre instable, toujours menacé, entre partenaires que je cite : plantes, animaux dont les hominidés, indissociables et respectueux les uns des autres, grâce aux labeurs inlassables et quotidiennes d’adhérents, à la bienveillance des collectivités publiques et, enfin, à l’affection qu’on lui porte depuis cent ans. Une toujours jeune association, celle des Amis de la Forêt de Fontainebleau. Je dis donc à tous ces partenaires : il faut que tout change pour que rien ne change ; autrement dit, il faut que tous les avis, non seulement ceux de l’association, mais aussi des administrations, collectivités publiques, grand public, déploient ensemble une permanente énergie, un enthousiasme, une activité persévérante, pour que ce joyau qu’est la Forêt de Fontainebleau, continue de briller de son plus bel éclat. Ne nous contentons pas de lire, de dire la forêt, écoutons là plutôt. J’en profite pour souhaiter avec Monsieur Letourneux une belle réussite au Grenelle de l’Environnement. Enfin, une dernière demande, Monsieur le Président : vous avez évoqué le chêne il y quelques minutes. Est-ce que nous pourrons voir un jour, côte à côte, en Forêt de Fontainebleau, le chêne et l’olivier, symbole du corps préfectoral ? Vous n’êtes pas obligé de me répondre aujourd’hui. Je vous remercie.
Jean Saint Loubert-Bié – Président des AFF :
Je vous remercie beaucoup Monsieur le Préfet. Contrairement à la tradition, je me permets, Monsieur le Préfet, d’intervenir après vous, pour faire part de ma décision de mettre fin à mon mandat de Président de l’Association.
Après bientôt 9 ans que j’exerce cette fonction, il m’a semblé qu’il était temps de passer la main. Si l’Association n’a pas sombré durant toutes ces années, c’est essentiellement grâce au dévouement de tous ceux qui m’ont si efficacement secondé et tout d’abord les membres du Conseil d’Administration, de la Commission Terrain et ses 30 baliseurs, les volontaires des permanences et bien d’autres mais aussi et en particulier grâce à Grégoire Lewandowski, notre trésorier qui au-delà de sa fonction veut bien assurer une présence très appréciée et quasi quotidienne au siège de l’Association et rendre service à tous ; qu’il en soit vivement remercié. J’ai déjà cité François Beaux, rédacteur en chef de la Voix de la Forêt, Gérard Vallée aux inoubliables expositions. Je n’oublie pas Gilbert Detollenaere qui mène avec brio la Commission Terrain; Ghyslaine Beaux, l’organisatrice de nos promenades thématiques et tous ceux qui animent ces promenades ; notre Secrétaire général Fabrice Chevallier ; je pense aussi au Général Schneider grand animateur de la Fête de la Forêt.
Et bien d’autres, ma liste n’est évidement pas exhaustive et merci à tous.
Le 26 avril dernier le Conseil d’Administration a désigné pour me succéder, à l’issue de cette Assemblée, notre Vice-président Denis Bauchard. Je dois dire combien j’apprécie ce choix : vous avez cher ami, une très bonne connaissance de la forêt que vous parcourez en tous sens depuis de nombreuses années à partir de votre résidence de Recloses. Vous êtes depuis très longtemps membre de notre Association et Vice-président depuis quelques années. Je dois ajouter que vous avez eu une carrière diplomatique exceptionnelle, ambassadeur en Jordanie et au Canada, mais aussi Grand Spécialiste du Moyen Orient au Quai D’Orsay, vous étiez encore, il n y a pas longtemps, Président de l’Institut du Monde Arabe.
Je vous passe la parole, cher Président, et vous laisse le soin de clore cette réunion.
Intervention de Denis Bauchard :
Monsieur le Président, Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire, chers amis.
Merci Monsieur le Président de votre amicale présentation. Je suis naturellement très heureux d’assurer cette présidence mais également honoré d’être à la tête d’une association aussi vénérable qu’active et efficace pour la protection de la Forêt de Fontainebleau. Notre association en effet, qui est née maintenant il y a plus de cent ans, s’est battue, avant l’heure, en faveur de la protection de la nature et de ce qu’on n’appelait pas encore, l’environnement. Sur un plan personnel, je suis très attaché à cette forêt emblématique. Arrivé dans le pays de Fontainebleau il y a maintenant près de cinquante ans, un peu par hasard, je me suis installé en famille d’abord à Busseau, hameau entouré par les Bois de la Commanderie sur la commune de Villiers-sous-Gretz, ensuite, depuis vingt cinq ans à Recloses. Dans la vie de nomade qui est celle d’un diplomate, il y a besoin d’un ancrage. Cette maison de Recloses a représenté effectivement cet ancrage, la base arrière et le lieu de rencontre familiale.
Au moment de prendre le relais, je voudrais évidemment Monsieur le Président, vous rendre plus particulièrement hommage : à vos côté depuis plusieurs années, j’ai pu apprécier à la fois votre efficacité, votre professionnalisme et vos grandes qualités humaines. Le Conseil d’Administration ne s’y est pas trompé, puisqu’il vous a demandé de rester administrateur ; nous comptons donc encore sur vous pour mener votre action. Il a également, dans sa grande sagesse, souhaité que vous deveniez Président d’Honneur de l’association. Vous l’avez grandement mérité. Vous avez, à la tête de notre association, en vous appuyant sur l’équipe du Conseil d’administration et de la Commission Terrain, poursuivi, avec détermination sur près de dix ans, les objectifs que, dès l’origine, notre Association s’était fixée : mieux faire connaître la forêt à travers les expositions, les promenades guidées, les nombreuses publications comme la Voix de la Forêt ou le Guide des sentiers, entièrement rénové ; veiller à son intégrité et lutter contre les nuisances, notamment routières, qui la menacent ; veiller aussi qu’elle reste ouverte au large public qui la fréquente ; faire de l’Association un interlocuteur reconnu des pouvoirs publics - la Préfecture, le Département, les communes du pays de Fontainebleau, comme de l’ONF, avec lesquels nous entretenons des relations étroites et confiantes . Vous avez été un des artisans déterminés de la mise en place du statut de Forêt de Protection. Toutes ces actions ont été mises en valeur à l’occasion de notre centenaire dont vous avez assuré le succès.
Pour ma part, sachez que je resterai fidèle à ces orientations et que je veillerai, avec votre appui, à ce que ces deux grands objectifs – la protection de la forêt, mais également son ouverture à un large public – restent bien au cœur de notre action.